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Assises / Écologie humaine

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ÉCOLOGIE TOUJOURS PLUS HUMAINE

 Ecrit par : Fabrice de CHANCEUIL, 

 

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Les 6 et 7 décembre derniers, se sont tenues au Palais des Congrès de Paris Est à Montreuil les 1eres Assises de l’Écologie humaine.
Un an et demi après sa fondation en juin 2013, le Courant pour une Écologie humaine a réuni 750 personnes pour deux jours de conférences, d’échanges et de travaux en groupes sous l’intitulé: « La révolution de la bienveillance, changeons le monde par nos initiatives ». Le Courant, qui n’est ni un parti politique ni un laboratoire d’idées, même s’il n’en manque pas, propose à la fois une vision et une méthode: transformer la société en établissant un nouveau rapport de confiance entre les personnes qualifié de bienveillance et manifester celle-ci à travers la mise en œuvre de projets particuliers dans les différents domaine de la vie économique et sociale.

 

Pour Tugdual Derville, l’un des trois initiateurs du Courant, cette dynamique est une réaction à la triple tyrannie libertaire, économique et normative de notre époque. Le fait qu’elle prenne corps en France n’est pas un hasard: pays de la personne, de l’enracinement et de l’universel, elle est naturellement rebelle à la toute puissance. Bien loin d’être une gentillesse un peu naïve, la bienveillance signe, au contraire, le refus d’une société qui impose un bonheur formaté dans la recherche de la perfection par la compétition. Or, l’homme présente des limites indépassables que sont son corps sexué, son temps compté et le caractère inéluctable de sa mort. En fait, comme l’a souligné François-Xavier Bellamy, c’est la vulnérabilité qui est le propre de toute vie et c’est par elle que nous pouvons entrer dans une relation authentique avec les autres. La bienveillance est la conscience de notre fragilité et de notre interdépendance . Nous ne nous sommes pas faits tout seuls, nous avons reçu et nous nous avons à transmettre: « Qui suis-je pour priver le monde de ce que j’ai reçu? » s’est interrogé François-Daniel Migeon.

 

La reconnaissance de la vulnérabilité comme caractéristique de la constitution humaine rend aussi vaine que dangereuse la prétention du transhumanisme à vouloir créer un homme « augmenté » par la technique dans ses capacités physiques, intellectuelles voire morales. Pour Jean-Guilhem Xerri, l’enjeu n’est pas de devenir plus humain mais mieux humain, en explorant notre infiniment intérieur, là où se trouve la source du sens et du dynamisme. Si la technique ne peut pas changer l’homme, elle ne peut pas davantage soigner tous les maux du monde. Dans ce moment de l’histoire de la planète que Dominique Bourg qualifie d’anthropocène, l’homme ne peut pas attendre de la technique qu’elle résolve tous les problèmes qu’il a lui-même créés. Le changement climatique comme la perte de biodiversité, qui vont réduire les espaces habitables, sont le fait de la société de consommation et il est urgent que soit établi un mode de développement qui replace l’humanité dans la nature.

 

Sans attendre des décisions au plus haut niveau, chacun est appelé à contribuer à cet effort. Plutôt qu’un goutte d’eau dans la mer, les initiatives locales sont comme le battement des ailes d’un papillon dont les effets se font sentir jusqu’à l’autre bout de la terre a rappelé Fabrice Hadjadj. Mais pour transformer le monde, il faut déjà se transformer soi-même, en contemplant avant d’agir, faute de quoi toute transformation est vouée à la dévastation. La bienveillance y invite comme elle invite à l’action de proximité. Encore faut-il s’assurer que cette action soit bien dans une perspective d’écologie humaine. Pour en être sûr, Pierre-Yves Gomez, autre initiateur du Courant, a identifié six critères d’identification: partir d’une expérience personnelle, servir un bien commun, faire jouer la subsidiarité, faire montre de prudence, être dans la solidarité, oser l’expérimentation. Bien sûr, tout cela prendra du temps, c’est un chemin qui se construit, en devant accepter le droit à l’erreur, comme l’a indiqué Gilles Hériard-Dubreuil, troisième initiateur du Courant.
Déjà, plus d’une trentaine d’initiatives ont été prises au sein d’« alvéoles » qui sont les cellules de base et d’action du Courant. Par ailleurs, un colloque sur l’agriculture et des États-généraux du travail ainsi que des débats bienveillants en régions ont été annoncés pour 2015, permettant ainsi à Ségolène du Closel, secrétaire général du Courant, de conclure ces assises par ce constat en forme de promesse: « Le monde nous appartient ».

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