subscribe: Posts | Comments

Manifeste

7 comments

 » La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des oeuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. « 

Romains, XIII,12

 

Un rapport de Gilles Kepel, publié à l’automne 2011 par l’Institut Montaigne —Banlieue de la République —, révélait que la république, qui s’est toujours adossée au patriotisme pour protéger sa légitimité, a commencé à  scier la branche sur laquelle elle était assise en rejoignant le camp du libéralisme supranational et en abandonnant notre souveraineté à Bruxelles et à Washington.
Le discours sur la laïcité et les valeurs républicaines a dès lors perdu de sa crédibilité, d’autant que, par sa réécriture de l’Histoire, il peut être perçu comme largement responsable de l’anomie qui, comme le souligne l’enquête, rend la France incapable de faire face à l’apparition sur son sol de religions exogènes.
Face à la civilisation consommatrice de l’Occident se répand dans les banlieues un discours religieux qui s’appuie sur des mythes fondateurs plus transcendants  et plus anciens, face auquel l’idéal républicain ne fait plus le poids.
Dès lors que « la croyance religieuse est plus structurante que la croyance républicaine », comme le constate Luc Bronner dans  le quotidien Le Monde (1), nous sommes en droit de nous interroger sur le bien-fondé d’une stratégie qui s’appuie sur le concept de laïcité : N’est-il pas devenu un nouveau sectarisme qui s’en prend aux racines réelles de la nation, sans pour autant montrer son efficacité devant la progression d’autres religions ou d’autres discours en rupture totale avec une civilisation sécularisée ?
Ce discours laïque sectaire, ou laïcisme, prône un Homme nouveau, sans passé ni appartenance historique, religieuse ou culturelle. Non qu’il les interdise explicitement, mais elles ne doivent pas influencer la construction sociale et collective en vue du bien commun et rester dans la sphère de la vie privée. Certains, toutefois, vont jusqu’à remettre en cause cette dernière lorsqu’ils confient, comme Vincent Peillon, à l’éducation nationale la mission d’ « arracher » l’enfant à des appartenances considérées comme autant de déterminismes dont il convient de l’émanciper.
La République refuse ainsi de reconnaître à chacun une intériorité ou une dimension sacrée pour la défense de laquelle il peut être prêt au sacrifice suprême. Le citoyen devait participer, comme le demandait Rousseau, au culte d’une Volonté générale confondue avec la cité et le patriotisme lui-même.
Toutefois, depuis les traités de Rome, de Maastricht et de Lisbonne, l’accord de Schengen ou l’abandon du franc, ou encore le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, il est clair que la République se dépouille de ses oripeaux nationaux, et du premier d’entre eux, à savoir une « souveraineté nationale » à laquelle elle s’identifiait, non sans ambiguïté d’ailleurs : la « Nation » s’est identifiée au Tiers-Etat comme mythe fondateur de la République — la partie devenue le tout — avant de viser la France en tant qu’Etat historique.
Dans ces conditions, quelle légitimité reste-t-il à la République ?
C’est un fait : la république, devenue un « concept lointain » (2), est fragilisée. Nous n’en voulons pour preuve qu’un discours communitariste visant une nation reconnue dans son éclatement : Aux ethnies diverses et variées qui la peuplent, on demande désormais de « Faire France ». Que peuvent alors les arguments reposant sur une « laïcité citoyenne » ou la religion des droits de l’Homme, que le communautarisme récuse d’autant plus radicalement que ce discours  repose sur l’enseignement d’une histoire nationale mutilée, criminelle et repentante, socle fissuré qui ne peut servir de fondement à aucun « vivre-ensemble » ?
Nous sommes à la croisée des chemins. La gauche, coupée du réel, joue le dernier acte en s’en prenant à l’ultime bastion de la résistance française : la Famille, en accord avec les intérêts de l’oligarchie supranationale, laquelle a pour objectif de remplacer les nations en autant de sociétés anonymes  du village mondial présenté comme inéluctable.
Or, prévient Gilles Ardinat (3), « analysée sous un angle géopolitique, la mondialisation n’est pas synonyme de pacification ; elle est au contraire une nouvelle forme de guerre mondiale : guerre (géo)économique (entre FTN [firmes transnationales] et entre États), conflits armés indirects par factions interposées (luttes d’influence), concurrence idéologique (propagande mondialisée), compétition entre les religions, guerre de l’information (via les NTIC [nouvelles technologies de l’information et de la communication])… » Plusieurs conflits armés engagés au nom de la démocratie ou de la charria, n’ont-ils pas été déclenchés dans le cadre de la guerre économique mondiale en vue notamment de permettre aux Etats-Unis de maintenir leur hégémonie et celle du dollar ?Il faut craindre que l’importation de ces conflits dans une France à forte densité migratoire n’agisse comme un électrochoc.
D’autant que, comme muée par l’instinct de conservation, la France réelle commence à se réveiller, comme si les drogues administrées depuis longtemps par les médias, l’éducation nationale, la culture officielle et les partis de gouvernement  avaient de moins en moins d’effet sur elle.
C’est pourquoi nous souhaitons accompagner cette sortie de la torpeur en permettant à des élites nouvelles de se substituer à  celles encore officielles qui développent contre la France un consensus suicidaire.
Pour donner un nouvel élan aux solidarités nationales, nous prenons l’engagement de travailler à la reconstruction d’une France décomplexée, sans haine ni esprit de revanche.
(1) (2) Le Monde daté du 4 octobre 2011,
(3) Comprendre la mondialisation en 10 leçons, Paris, Ellipses, 2012

 

  • Olivier Dejouy
  • Michel Michel
  • Denis Blanc
  • Michel Chantegrel
  • Axel Tisserand
  • Guy de Gaudric
  • Blandine Dejouy
  • Michel Corcelles
  • Catherine Rouvier
  • Guillaume de Prémare
  • Elie Hatem
  • Bernard Leduc
  • Colonel Jacques Hogard
  • Kamel Bechikh
  1. Hauteclocque says:

    excellente démonstration. Il faut rassembler les patriotes de toutes « obédiences » pour sauver la France

  2. « Pour donner un nouvel élan aux solidarités nationales, nous prenons l’engagement de travailler à la reconstruction d’une France décomplexée, sans haine ni esprit de revanche. » Magnifique état d’esprit que je partage sans réserve.

  3. Texte intelligent qui pose très bien la problématique.

  4. Garibaldi says:

    « Pour donner un nouvel élan aux solidarités nationales, nous prenons l’engagement de travailler à la reconstruction d’une France décomplexée, sans haine ni esprit de revanche. »
    Puissiez-vous dire vrai….

  5. Finement observé et très convaincant

  6. J’adhère

  7. On ne peut mieux dire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'inscrire à la lettre d'informations hebdomadaire

Découvrez les nouveaux articles chaque mardi

Merci de votre inscription