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COP 21 / CAP 2100

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Ite missa est

 

Article du Réveil Français , écrit par : Denis Blanc

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On a à ce jour aucune nouvelles des douze énormes blocs de glace venus du Groënland qui ont (auraient ?) été installés jeudi 3 décembre en cercle place du Panthéon à Paris, le Temple de la religion républicaine, pour former une « horloge » symbolisant l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique.
Ces blocs – 80 tonnes au total – avaient « vocation » à fondre pendant la durée de la COP21, censée se terminer le 11 décembre (en fait le 12), selon le projet d’Olafur Eliasson, performer street-artist dano-islandais très con-cerné par la question climatique. Attention : Il semble que la Rue Soufflot soit en pente…Sans doute les dernières innovations, barrage républicain et autres bassins de rétention, y pourvoiront.
Bref…La grand-messe de l’expertocratie est dite et la COP21 ipso facto dite elle-même « immense succès diplomatique, mais échec climatique » (les gazettes). Ce qui est sans doute oxymorique et certainement idiot. Ou bien : « Cet accord universel marque incontestablement une nouvelle gouvernance, mais il est fondé sur du droit mou ». (L’eurodéputé écologiste Yannick Jadot ). On ne donnerait pas un gramme de ce charabia à son chat. Une dernière pour la route : « Un accord sans accords »…
Le même jour (le 13), « le Global Warming Policy Forum a publié un communiqué de presse. Il s’agit d’un groupement indépendant constitué en grande partie d’ex-auteurs ou relecteurs du GIEC, dont ils ont démissionné. À l’issue de l’annonce de cet accord « historique », ils ont écrit : « L’accord de Paris est une autre reconnaissance de la réalité internationale. La preuve est apportée, une fois de plus, que le monde en développement n’est pas d’accord avec quelque accord légalement contraignant, et que peu lui importe la réduction de ses émissions de CO2. » Il est écrit plus loin : « Par rapport au protocole de Kyoto, l’accord de Paris enlève toute obligation légale pour les gouvernements de limiter ou de réduire les émissions de CO2. », (cité par Marc Le Menu dans Boulevard Voltaire le 15 Décembre)

 

2 degrés, 1,5…ou 3 selon toute vraisemblance

 

Alors quid ? L’accord-désaccord de Paris est un programme / projet de transition énergétique à l’échelle (presque) planétaire. Un « journal d’étapes », comme le dit François Villemonteix dans le blogue de Bertrand Renouvin.
Un « accord différencié » et « juridiquement contraignant » ? On en dispute déjà à l’envi, inutilement d’ailleurs, John Kerry qui connaît son Congrès, ayant substitué le conditionnel « should » au contraignant « shall ». L’objectif inatteignable de 1,5° est affiché pour calmer les Iles Maldives, le pays de « la charia au paradis » où les enfants sont passibles de la peine de mort dès 7 ans, et déjà submergé par le tourisme corrupteur. Le vrai objectif, limiter le réchauffement climatique mondial à 2°C d’ici 2100, présenté comme le minimum vital par les experts du GIEC, est déjà déclaré utopique par les mêmes. Trois pour solde de tout compte, le chiffre est déjà rentré dans les moeurs, le jour d’après.
Il n’est certainement pas politiquement contraignant, Ni sancions, ni contrôles, encore moins d’instance pour ce faire, il manque les outils.Soit dit en passant, au rebours de la doxa excommunicatrice des « connards » climato-sceptiques-relativistes-négationnistes, il n’est nullement « scientifiquement » prouvé que le coefficient de pondération de la part anthropique de la production des GES, soit décisive dans le réchauffement climatique, dont nous admettrons cependant l’hypothèse (le cas échéant, depuis 1827), de guerre lasse et surtout parce que le Pape François nous l’a commandé.
De plus, les 187 pays représentés (sur 195, ou 16, ou 17 « parties », il y a des variantes et on ne sait pas quelles sont les parties qui ne sont pas des états), dont les intérêts divergents se sont affrontés jusqu’à la dernière minute, n’ont accepté de signer l’accord final qu’à la condition qu’il ne soit pas juridiquement contraignant. Comment pourrait-il l’être, d’ailleurs ? Qui pourrait imposer les décisions prises aux États les plus forts et les plus pollueurs ? S’imagine-t-on qu’il existe des moyens de contraindre les Américains ou les Chinois à respecter un accord international ? La décarbonisation de l’économie mondiale sera un chemin de croix.

 

La COP est à moitié pleine
« L’accord reconnaît que 100 milliards de dollars (en prêts et en dons) devront être consacrés chaque année à partir de 2020 à financer des projets permettant aux pays de s’adapter au dérèglement climatique (montée des eaux, sécheresse) ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ces financements devraient augmenter au fur et à mesure et certains pays en développement, sur une base volontaire, pourront aussi devenir des donateurs pour aider les pays les plus pauvres. » (Gouvernement français). Demandez le programme : impulser et accompagner la transition énergétique, en promouvant au premier chef les énergies nouvelles, renouvelables alternatives et locales, en luttant contre la précarité énergétique, la déforestation…Les objectifs sont révisables tous les cinq ans, et l’intensité capitalistique de l’investissement prévu (100Mds$/an) laisse espérer l’atteinte du seuil point mort. L’intervention des collectivités (villes…), entreprises, organisations diverses est porteuse en concert de tous les espoirs et de toutes les craintes. Espoir que les investissements soient rentables et le travail sur le terrain efficacement idoines. Crainte du clientélisme et de l’engraissement des lobbies, des hôtels particuliers à Genève et autres châteaux en Touraine. Les politiques d’aides aux pays pauvres pour l’accès à l’eau (par des puits artésiens et avec des pompes) et à l’électricité (principalement pour alimenter les pompes). Des politiques qui sont menées depuis des lustres par les collectivités dans le cadre de la « coopération décentralisée », à des échelles humaine et financière trop faibles pour être significatives, mais avec beaucoup de dévouement et sans entourloupes, j’en atteste, au moins pour la Région d’Ile de France.
Rappelons que dans aucun pays au monde, la viabilité économique de l’éolien et du photovoltaïque ne peut se passer de subventions des États (Et des aides plus ou moins directes des collectivités territoriales, dans des conditions qui peuvent être troubles…) lorsqu’ils sont en concurrence avec les moyens classiques de production d’électricité. Pour la France, qu’adviendra-t-il au groupe industriel EDF ENR si la non-compétitivité de l’éolien et du photovoltaïque industriels était définitivement avérée? (Sans parler des effets pervers de ces technologies, les éoliennes au premier chef). Ce qui est une hypothèse au moins aussi probable que l’origine anthropique du réchauffement climatique (supra), ou que la survenue du « pic (de la production de)pétrole », cette perspective apocalyptique qui a d’ailleurs subitement disparue de la pensée magique. Horresco referens !
La COP est à moitié pleine, car on y trouve quelques gouttes d’effets bénéfiques induits sur l’environnement, y compris la santé publique, et donc hormis le réchauffement. L’exemple archétypique est évidemment la diminutio dieselis, qui frappe autant le GES CO2 réchauffiste que les particules et l’ozone O3 ennemies farouches des bronches (Normalement, il n’y a plus de dioxyde de souffre SO2 dans ce carburant) (Ni de plomb dans l’essence, en principe…).La lutte contre la déforestation a pour but de maintenir les puits à carbone, mais aussi la bio-diversité faunistique et floristique. Par ailleurs, les patrimoines paysagers et architecturaux se porteront mieux de diverses mesures, sans doute…

 

Le dogme de l’absence réelle

 

Mais la COP est à moitié vide, aussi ! Vide de toute référence, en conséquence de toute les perspectives liées, aux handicaps majeurs (mais il y a d’autres problèmes) et parfaitement intrinsèques, des énergies électriques renouvelables, l’éolienne et la photovoltaïque : intermittence et aléas : Quel « relais » lorsque tombe la nuit et tombe le vent, la nuit et/ou le jour(le vent). Quelle question simplette pour l’expertocratie ! À ma connaissance, seule uns journaliste (BFM TV), a osé lever le lièvre et surtout prononcer le « monstre-mot » : Nucléaire ! Dans une question à une Ségolène Royal post-accord, extatique, la ravie de ces crèches que l’on assassine…Sans bravitude aucune, Mme Royal a débité un résumé de SA loi de transition énergétique, a murmuré quelque chose sur le gaz (pas Manuel, je vous rassure), ressource fossile certes, mais moins dégueu question climat que le charbon et la naphte, et puis a subitement levé le doigt : l’hydrogène ! Avec pertinence sur ce point, d’ailleurs, les technologies liées à ce produit gazeux (quand il n’est pas liquide évidemment, c’est de la thermo) étant à développer d’urgence. Mais le nucléaire? Silence religieux. L’absence réelle. Les dogmes sont faits pour être respectés. Il aura fallu un géopoliticien baroudeur, libéré récemment de certaines obligations, pour jeter un pavé (resté confidentiel, hélas) dans la marre.
« La vérité est qu’il est impossible de subvenir aux besoins du monde en s’appuyant sur les seules sources définies politiquement comme renouvelables. Paradoxalement, la COP se sera déroulée dans un pays qui a démontré premièrement que le nucléaire pouvait faire diminuer durablement et massivement les émissions de CO2, deuxièmement que le nucléaire est renouvelable lorsque le réacteur Phénix recycle quatre fois son combustible.
Toute argumentation non antinucléaire reste cependant interdite en France : le remarquable film La promesse de Pandore qui décrit le parcours d’écologistes américains convertis au nucléaire n’a ainsi trouvé aucun distributeur en France.
Quatre grands climatologues sont venus nous rappeler que seul le déploiement du nucléaire peut résoudre le problème climatique. Pratiquement, il s’agirait de construire dans le monde 2000 réacteurs REP et CANDU en 20 ans, puis 12 000 surgénérateurs entre 2040 et 2100. A côté d’un déploiement raisonnable de l’éolien et du solaire, le réchauffement serait ainsi limité à la fourchette 2,4 à 2,8°C. Pour descendre encore plus bas, entre 2,0 et 2,4 °C, il faut des émissions négatives, c’est à dire stocker massivement du CO2 issu de la combustion de la biomasse, approximativement la masse que l’on extrait du combustible fossile aujourd’hui. Et c’est une autre affaire compte-tenu de la croissance de la population mondiale ! » Aymeric Chauprade / Blogue /11 Décembre 2015

 

La décarbonation immédiate et totale de l’économie mondiale, la réduction à zéro dès demain matin de la croissance démographique mondiale, l’investissement de 1000Mds /an de la monnaie que vous voulez , le peso ou le dinar, ne suffiront pas à limiter le réchauffement climatique aux fameux deux degrés, et surtout pour donner à bouffer à tout le monde. Philosophie de la misère.

 

La Conférence des Parties, 21eme du genre, a donc vécu. La défense du tout, qui s’impose aux parties, n’est pas dans le texte de ce (dés ?) accord. Elle est dans la Création, id est les rivières les océans les forêts et les plaines, la flore et la faune, elle est de la défense de tout cela, dans leur être qui est diversité. Mais elle est aussi consubstantiellement et intégralement, dans la défense des vraies familles, elle est dans la défense des familles de familles, dans la défense inconditionnelle de la vie et de l’altérité sexuelle, des langues qui sont chacune une conception du monde, de la diversité des cultures et des nations, du principe de subsidiarité…
« Pour qu’il y ait une civilisation, il faut qu’il y ait des civilisations » Claude Lévi Strauss
Il y a sans doute une relation de contenu à contenant entre le catalogue de mesures et objectifs incertains adoptés à Paris, et l’encyclique, l’APPEL du Saint-Père. L’un TRANSCENDE l’autre, ne serait ce que par le Cosmos.
« Ce n’est pas le naturalisme matérialiste qui aidera à préserver l’univers dans son intégralité, mais la vision d’une Création dont le Christ révèle pleinement la splendeur cosmique, avant même qu’elle ne soit promise à la transfiguration de la résurrection. » Gérard Leclerc / France Catholique /11 Décembre.
François Villemonteix, cité supra, estime que « cet accord représente un progrès notable, comme l’ont noté certains, puisqu’en s’inscrivant dans le cadre de la Déclaration des Droits de l’Homme, il reconnaît « l’égalité entre les hommes et les femmes, (…) le droit à la santé, la justice climatique, le droit au développement, (…) toutes les dimensions sociales du changement climatique …Nuit du 4 août sur le climat… ». Mais aussi que « les émissions de GES sont bien la conséquence directe d’un modèle économique (la société de consommation et l’ultra-libéralisme) qui lui, reste inattaqué » Modèle économique tout entier prégnant dans la révolution libérale-bourgeoise ainsi référencée, en train de s’accomplir dans la globalisation économique et financière. Les contradictions de l’humanisme « droit-de-l’hommiste » ! En réalité, on ne peut faire face à la crise écologique sans rompre avec l’ordre néolibéral mondial, c’est-à-dire avec le libre-échangisme, la surconsommation, le productivisme et les délocalisations. Cela passe par la limitation des échanges à grande distance, la relocalisation de la production d’énergie et de marchandises, la promotion de la sobriété énergétique, et donc par la démondialisation. Ce n’est pas pour demain. C’est la représentation dominante du Monde qui est en cause, l’anthropologie portée par « les élites » mondialisées qui est au cœur. Mais foin ! Les antagonistes protagonistes réchauffistes anathémisateurs et autres climato-négationnistes blasphémateurs finissent tous par participer de la même farce !
« Vous, en Europe vous êtes dans une éclipse de l’intelligence. Vous allez souffrir. Le gouffre est profond. Vous êtes malades. Vous avez la maladie du vide. Toutes vos élites ont perdu le sens des valeurs supérieures » Alexandre Soljenitsyne

 

Nous donnons notre accord au programme de Laudato si « l’écologie intégrale (qui) est inséparable de la notion de bien commun (…), qui joue un rôle central et unificateur dans l’éthique sociale ».
Écologie intégrale : « L’expression n’est finalement qu’un pléonasme. Toute écologie véritable prend soin de la création toute entière, et la dérive libertaire de l’écologie, qui conduit certains Verts officiels à défendre pêle-mêle la GPA, l’avortement et la bande de Gaza, relève de l’imposture. Parce qu’elle est «oikos» (foyer) l’écologie permet d’envisager un déplacement de la polis (la cité) vers notre première communauté, la famille, prémunie de son éclatement artificiel ». Eugénie Bastié Comité Orwell
Nous méditons de « parier avec Pascal », non pas pour la « gouvernance » des comptables fossiles de l’oligarchie mondialisée, mais pour l’Amour de la Création, sur le chemin éclairé par l’auteur (L’Abbé Guillaume de Tanoüarn) du bel ouvrage éponyme.
In fine méditer aussi cette « Prière pour notre terre » de François.
«Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres. Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie ». Encyclique Laudato si du Pape François sur la sauvegarde de la maison commune.

 

Denis Blanc

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