subscribe: Posts | Comments

On est en bio, on s’en sort, le témoignage d’Annie, productrice de lait

1 comment

 

Vu sur : Le Télégrame, écrit par : Propos recueillis par Corentin Le Doujet
La crise des agriculteurs est également une crise de la qualité. Le système des marchés avec la cessation des quotas laitiers pose la question , en matière agro-alimentaire du règne de la quantité qui ne peut profiter qu’aux gros producteurs au dépend des petits. A moins que ces derniers ne choisissent de jouer la carte de la qualité?

 

Agriculture-bio

Brûler des pneus, très peu pour elle. Annie Legoff est productrice de lait bio, à Évran, et ne connaît pas la crise. Par ailleurs trésorière du syndicat minoritaire Confédération paysanne 22, l’agricultrice expose sa vision d’un système « au bout du rouleau ».
Le Télégramme : vous ne participez pas aux manifestations de colère agricole. Pourquoi ?
Annie Legoff : « Même si on n’y participe pas, on comprend la colère. Le métier d’éleveur est très prenant, c’est inadmissible de ne pas pouvoir vivre de sa production. En filière conventionnelle (non bio, NDLR), le lait n’a plus de valeur marchande, on dit qu’un litre vaut une demi-cigarette ! Par contre, les manifestations donnent une image catastrophique et contre-productive du métier. Ils brûlent leurs déchets, bâches, pneus, tôles… pendant des heures, alors qu’on parle d’intoxication aux particules fines. Ce n’est pas une bonne idée, ça complique la vie du citoyen, et surtout, ça ne débouche sur rien. Quant aux revendications sur l’origine des produits, on ne peut pas vider des rayons les produits étrangers et en même temps demander l’ouverture des frontières à l’export. Si on veut vendre dans d’autres pays, il faut accepter leurs produits ».
La crise, vous la ressentez ?
« On est mal placé pour en parler : on est en bio, on s’en sort. On vend notre lait 420 € les 1.000 litres, alors que le lait conventionnel se vend autour de 260 €. En Bretagne, le choix a été fait de produire en masse un produit qui se banalise, devenu une matière première pour les industriels. Avec la fin des quotas laitiers, le 31 mars 2015, on a abandonné toute régulation publique. Les laiteries ont fait la réglementation elles-mêmes, favorisant la surproduction et entraînant la baisse des prix. Il y avait comme une sorte d’euphorie à la fin des quotas, les producteurs ont investi en bâtiments, matériel, automatisation… Mais il y a une différence entre améliorer ses conditions de travail et se lancer dans des investissements démesurés. Dans la durée,  » plus je produis et plus je gagne « , c’est faux. Ça reflète un manque de réflexion et d’esprit critique vis-à-vis d’un système qui arrive au bout du rouleau ».
Comment faites-vous pour vous en sortir ?
« On est installés depuis 1994, en bio, on produit du lait et on fait également du camembert. On maîtrise toute la chaîne : production, transformation et vente. On a toujours un risque commercial et sanitaire, mais on ne subit pas la crise de la filière longue. On essaie d’adapter l’offre à la demande, alors que les laiteries conduisent à une fuite en avant, en favorisant une production laitière de masse, suivant un grand choix industriel des années 1960. On dit qu’un excédent de 1 % sur le marché, c’est au moins 10 % de prix en moins. Par ailleurs, on produit nous-mêmes notre fourrage, on est autonome, c’est un avantage. Notre système est basé sur le pâturage, la solution la plus économique pour nourrir les animaux, alors qu’on voit de moins en moins de vaches dans les prés et de plus en plus de tracteurs sur les routes. Avec notre quarantaine de vaches Jersiaises et nos 62 hectares, on produit 150.000 litres de lait par an, dont 110.000 sont transformés en fromage. Quatre personnes travaillent sur la ferme ».
Que conseillez-vous à un producteur souhaitant sortir du système que vous critiquez ?
« À la Confédération paysanne, on favorise les circuits courts, pas forcément bio, mais on ne donne pas de leçons. Individuellement, pour un producteur, la seule marge est de réduire son coût de production, quitte à produire moins. Renouer les liens avec le sol, notamment en produisant son fourrage et en réduisant les importations de soja. Il y a sûrement aussi beaucoup de surmécanisation. Collectivement, il faut une régulation de la production à l’échelle européenne, on ne peut pas avoir et du prix, et du volume. Il ne faut pas laisser les laiteries gérer le système à titre privé ».
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/crise-agricole-en-bio-on-s-en-sort

letelegramme_logo

  1. Chers Amis du Réveil Français, bonjour,
    Au sujet de l’article  » «En bio, on s’en sort». Le témoignage d’Annie, productrice de lait, Madame Annie Legoff, je vous remercie de cet article, qui est emblématique de l’intelligence de certains agriculteurs, par rapport à la cohorte, des soumis à la FNSEA et, qui pleure maintenant.
    Je souhaiterai vous faire part, d’une observation, que j’ai fait, en voulant consulter la source de l’article du Télégramme. La source que vous mettez en fin d’article est tronquée. Il y a une complication de recherche sur le site du journal, en effet, il manque la fin de la source, ce que je vous transmets, avec mon commentaire.
    © Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/crise-agricole-en-bio-on-s-en-sort-22-02-2016-10965901.php.
    Merci de veiller à l’avenir de bien mettre le lien URL en entier, cela facilite les recherches.
    Avec mes remerciements.
    Cordialement.
    José-Philippe Marquis.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'inscrire à la lettre d'informations hebdomadaire

Découvrez les nouveaux articles chaque mardi

Merci de votre inscription