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« L’indépendance d’esprit des écoles indépendantes déplaît au pouvoir, quel qu’il soit. »

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Anne Coffinier, directeur général de la Fondation pour l’école :

 

Vu sur : La Baule +, écrit par : Yannick Urrien sur Kernews.
Sous le fallacieux prétexte de lutter contre la radicalisation, le ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, souhaite mettre un terme définitif à la liberté pédagogique qu’incarne l’école indépendante hors contrat., en supprimant la règle qui différencie précisément ce type d’école de celles qui sont liées par un contrat. On reconnait là l’autoritarisme idéologique jacobin de ce gouvernement en échec sur tous les fronts, mais restant terriblement rigide sur les questions « sociétales » et particulièrement éducatives, car c’est à ce niveau que s’opère la déconstruction.

Le Réveil Français

 

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Anne Coffinier : Les hommes politiques, à droite en particulier, ont pris l’habitude de se désintéresser de l’école depuis une trentaine d’années. Maintenant, ils commencent à se réveiller et à se rendre compte que l’on ne peut pas continuer comme cela, parce que cela entraîne le pays dans le gouffre. À gauche, ils ont traditionnellement une prédilection absolue pour l’école publique monopolistique. Par définition, ils n’aiment pas l’idée d’une alternative à l’école publique. Pourtant, à gauche comme à droite, le réel gagne du terrain et tout le monde est touché positivement par la multiplication des écoles indépendantes qui apportent des solutions efficaces aux enfants. À gauche, il y a le mouvement des Colibris, celui de Pierre Rahbi, les écoles démocratiques, les écoles dynamiques ou encore l’école Montessori qui, elle, n’est ni de gauche ni de droite. Certaines sont assez rattachées à une approche altermondialiste et écologiste. Cela veut dire que dans tous les milieux, il y a maintenant une multiplication des initiatives de terrain portées par des gens qui, traditionnellement, auraient peut-être préféré avoir exclusivement des solutions dans le cadre de l’Éducation nationale. Les choses se passent ainsi parce que l’Éducation nationale ne se prête pas à l’innovation et au pluralisme, alors que notre pays a furieusement besoin de pluralisme puisqu’il y a 40 % d’enfants en échec scolaire. Donc, il faut proposer d’autres solutions que celles de l’Éducation nationale. Face à ce constat, quand les hommes politiques prennent le temps d’étudier la question, ils sont immédiatement convaincus. Mais le problème vient au moment de la mise en application, car ils ne veulent pas avoir de problèmes. C’est le règne du «Pas de vagues !» qui prime. Alors, ils expliquent que c’est compliqué, parce que les syndicats sont totalement pour l’école publique… Néanmoins, j’observe que cette année on n’a jamais eu un accès aussi facile à l’ensemble des députés, de droite comme de gauche, alors que d’habitude les écoles indépendantes suscitent un intérêt très limité. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas : il y a un intérêt de fond parce que tout le monde pressent bien, notamment à travers l’exemple britannique, que c’est la voie réelle pour secouer ce malade qu’est l’Éducation nationale.
Certains hommes politiques de droite, qui étaient favorables il y a quelques années aux écoles indépendantes, redoutent maintenant de voir émerger des écoles musulmanes contrôlées par les salafistes… Ne craignez-vous pas ce nouveau mouvement ?
On a fait un travail de pédagogie assez efficace et c’est un peu fini. En réalité, c’est un raisonnement parfaitement faux. Aujourd’hui, les écoles musulmanes existent dans un cadre qui a été défini par la République et il est facile pour elles d’exister. Non seulement c’est facile mais, en plus, elles sont encouragées dans leur existence, notamment pour devenir des écoles sous contrat. Le ministre Cazeneuve a clairement dit qu’il était temps de passer sous contrat les écoles musulmanes. S’il y a un mouvement qui facilite la multiplication des écoles musulmanes privées, c’est bien l’État qui porte cela aujourd’hui ! De toute manière, vous avez une loi générale qui permet à la société de créer des écoles : donc, par définition, elle permet à tout le monde de créer des écoles et c’est le régime propre à l’État de droit et d’une société libre. Vous pouvez dire cela pour un journal ou pour un parti politique et ce n’est pas parce qu’il peut y avoir un parti extrémiste que vous allez interdire tous les partis… Donc, ce raisonnement est à côté de la plaque. J’ajoute, pour revenir aux attentats terroristes, qu’il n’y a pas eu un seul des terroristes qui provenait d’une école privée ! Ils viennent tous de l’école publique. J’ai envie de dire aux hommes politiques de faire en sorte que les enfants qui passent par l’école publique aiment la France, en apportant une contribution positive à notre pays et, ensuite, on verra ce qu’il convient de faire pour être sûr qu’aucune école privée, musulmane, ou non musulmane d’ailleurs, ne présente un danger quelconque pour l’ordre public dans notre pays. Il y a un ordre dans les urgences et il y a aussi les faits : les terroristes provenaient, jusqu’à ce jour, de l’école publique.
On a vu de nombreuses initiatives avec, comme vous l’avez remarqué, beaucoup d’écoles créées par des milieux plutôt « bobos ». Toutefois, cela ne semble pas plaire au gouvernement, qui prépare une réforme relative aux écoles hors contrat…
Madame Najat Vallaud-Belkacem va indiquer ses intentions en matière de réformes et elle nous a consultés. Il y a d’abord un volet consistant à changer les modalités juridiques permettant d’ouvrir une école et un autre volet qui consiste à changer les modalités de contrôle des connaissances. D’abord, on va passer d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation. Cela paraît barbare et technique, mais en réalité c’est simple. C’est un processus de reprise en main très musclé, puisque dans le dispositif actuel la société civile peut créer une école et l’État vérifie qu’elle fait cela dans un cadre acceptable par rapport à l’ordre public et l’instruction scolaire, et tout se passe très bien. Mais dans le projet du gouvernement, c’est le contraire, puisque l’on ne peut rien faire tant que l’État n’a pas donné l’autorisation de le faire. Or, pour donner l’autorisation de le faire, l’État demande les programmes et les contenus pédagogiques. Justement, la deuxième réforme porte sur une modification de la liberté en matière de programmes. Jusqu’à présent, nous étions libres en matière de programmes et c’est ce qui faisait le très grand intérêt des écoles indépendantes. En ce moment, avec le caractère particulièrement absurde de la réforme des collèges et de la réforme des programmes que nous impose le ministère, cet avantage des écoles indépendantes est particulièrement apprécié, puisque cela permet de remettre en ordre ce qui ne l’est pas et d’éviter des aspects décousus et construits à la hâte. Avec ce nouveau dispositif, les inspecteurs devraient avoir la possibilité de vérifier qu’à chaque fin de cycle, c’est-à-dire en CE2, sixième et troisième, les enfants sont exactement au même endroit de ce qui est prévu par l’Éducation nationale. Cela veut dire qu’en pratique, le gouvernement limite complètement la liberté de programmes, de progression et de choix des méthodes pédagogiques. Si vous devez avoir la même chose que les autres, il est inutile d’être différent… Il faut savoir que tout est prévu dans les programmes de l’Éducation nationale : vous êtes obligé de faire de la technologie tôt, de mélanger des matières, de faire de l’anglais dès le plus jeune âge… Ce qui convient à certains enfants, mais pas à d’autres. Cette absence de liberté, si vous l’associez à l’idée de montrer les programmes pour exister, vous voyez bien le problème… Vous ne pouvez exister que si vous ressemblez comme deux gouttes d’eau à l’Éducation nationale. Les motivations ne sont pas claires et le calendrier est bizarre. À l’origine, la ministre avait dit : « Nous allons nous occuper du danger de radicalisation islamiste. » Tout le monde a répondu que c’était une très bonne chose mais, après, elle a dit vouloir s’occuper des écoles hors contrat… Ensuite, elle a fait des contrôles et elle a déclaré qu’il n’y avait aucun problème de radicalisation… Finalement, elle a demandé que les enfants reçoivent une formation plus dense, parce qu’il y a eu des cas d’indigence pédagogique. En fait, on a complètement changé de motif dans la réforme, mais on n’a pas changé le calendrier puisque l’on est resté dans une logique d’extrême précipitation ! C’est tellement grave et urgent que l’on passe par-dessus le Parlement en procédant par ordonnance : c’est ce que veut faire le gouvernement pour cette réforme du régime d’autorisation. Le gouvernement va procéder par ordonnance et je trouve que c’est grave, parce que la liberté d’enseignement est un bien précieux. C’est une liberté constitutionnelle et je rappelle qu’en 1984 le peuple français est descendu massivement dans la rue pour défendre cette liberté.
N’y a-t-il pas une volonté de retirer les enfants de leur famille le plus tôt possible pour court-circuiter les pensées différentes ?
Je ne sais pas si l’on peut dire les choses de cette manière, parce que c’est toujours la question de savoir s’il y a une intention derrière. Mais il est clair que l’indépendance d’esprit des écoles indépendantes déplaît au pouvoir, quel qu’il soit. Le pouvoir aime avoir l’outil éducatif à sa botte. Quand la liberté scolaire a cessé dans notre pays, la droite a eu plusieurs fois l’occasion de la rétablir pleinement : or, elle ne l’a pas fait. Tout gouvernement a envie d’avoir la machine éducative à sa botte dans une perspective d’instrumentalisation politique. C’est une tentation terrible. D’ailleurs, les pays qui sont réellement des États de droit et attentifs aux libertés publiques se gardent bien de ce type d’organisation et ils distinguent bien le fait que l’État est le garant du service d’éducation, en faisant en sorte que l’État ne soit pas l’opérateur. Cette distinction est largement perdue en France et on a vraiment le sentiment que l’État tolère que puissent exister quelques écoles différentes à la marge, mais que dans l’idéal il vaudrait mieux avoir tout le monde dans la même bergerie pour que les moutons soient bien gardés…

dictature

  1. à quand la revoyure de cette Najat? elle commence à bien faire, comment un gouvernement a-t-il pu accepter une pareille personne comme ministre de l’éducation nationale, à cause de sa frimousse et du reste? inadmissible!!!

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