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Le livret : »culture de l’économie » est paru.

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Suite au colloque du 8octobre

 

Article du Réveil Français , écrit par : Olivier Dejouy

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Economie
Où est passé le bien commun ? Se demande le prix Nobel d’économie, Jean Tirole. Cette question, nous la posons à notre tour, car il apparaît de plus en plus que tout se rapporte à une vision du tout libéral qui l’aurait emporté sur le tout social ou socialiste. Mais peut être qu’au delà des idéologies dogmatiques, il conviendrait, de replacer, les femmes et les hommes, les familles de France, qui constituent le tissu historique et géographique de nos solidarités nationales, au centre de nos préoccupations. Est-ce que la financiarisation de l’économie est une fatalité ?
L’Etat et la politique ont ils un rôle à jouer en matière de justice économique et sociale ?
Au moment ou la Grande Bretagne quitte l’Union Européenne, la grande marche qui nous est présentée comme inéluctable vers la mondialisation signifie-t-elle la disparition à terme des nations au profit d’un gouvernement mondial ?
Le livret : Culture de l’économie est paru. Il regroupe les interventions au colloque du 8 octobre de Jean Claude Georges, Pierre de Lauzun et Henri Temple Pour l’intervention d’Hervé Juvin , nous renvoyons à son dernier ouvrage : « Le mur de l’Ouest n’est pas tombé » chez Pierre Guillaume de Roux .
Le résumé qui suit n’est pas exhaustif des propos tenus durant le colloque, et les lecteurs risquent de se voir frustrés d’explications, soit plus complètes, soit plus convaincantes. C’est pourquoi il est souhaitable de se procurer les livrets et dans quelques temps seront mis en ligne par vidéo les interventions au grand complet de nos intervenants.
Jean Claude Georges, « l’entreprise et le sens ». Un homme accompli est le plus excellent des animaux ; sans règles ni justice il est le pire de tous. (Aristote)
Patron d’une PME de 160 salariés il expose par l’expérimentation sur le terrain, ce que peut être un management et un développement d’entreprise sans objectifs chiffrés . Partant du principe qu’une entreprise est une organisation humaine, il montre qu’il n’y a pas d’autre solution que de proposer le développement humain comme axe stratégique. Sa spécificité , en s’inspirant d’Aristote , est d’avoir choisi de fonder sa culture d’entreprise sur les quatre vertus cardinales :, La justice
Le bon jugement (la prudence)
Le courage,
La maitrise de soi (la tempérance)
Dans sa vision, les thèmes de la conscience, des vertus de l’éthique, et de la motivation sont au cœur du management. Lorsque l’entreprise développe des vertus elle crée du sens en rendant les individus qui prennent part au fonctionnement collectif, non pas simples exécutants, mais des humains libres, capable de prendre des décisions. Placer la logique du développement humain et professionnel en recherchant le bien être de chacun, avant la recherche de résultats, produit des effets significatifs sur les salariés en matière d’accomplissement personnel, mais constitue aussi le ferment du développement de l’entreprise et gain de parts de marcher. Une partie du salaire du personnel est évalué en fonction de la mise en pratique de ces valeurs. La société fonde sa publicité vis à vis de la clientèle sur les principes d’honnêteté et de sincérité et ça fonctionne, parce que ça rétablit, dans un monde mené par la règle chaotique et capitaliste du tous contre tous, des repères et donc de la confiance.
Henri Temple, Quel droit pour quelle économie ? Un cadre juridique pour une économie humaine.
Tous les hommes aspirent à la vie heureuse et au bonheur, c’est là une chose évidente. (Aristote-la politique)
Avocat, expert international Henri Temple fut professeur de droit économique à l’université, il est connu internationalement pour son expertise en droit de la consommation et de la concurrence, de la libre circulation des biens et des marchandises , ainsi qu’en droit alimentaire. Auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier : Théorie générale de la nation, chez l’harmattan.
Partant du constat que le monde change avec la mondialisation, les migrations de masse, l’épuisement des ressources naturelles , les télécommunications et autres technologies, les trust financiers qui charrient des sommes d’argent incalculables, et les foyers de misères qui parallèlement se développent, les génocides qui se multiplient depuis la seconde moitié du vingtième siècle, bref , l’humanité est quelque peu bouleversée, malmenée, voire en régression, alors qu’il n’est question que de progrès, de libération de l’homme et surtout de la femme…
Le droit ne semble plus d’un grand secours pour la défense des individus, car il perd sa noblesse et régresse en réglementations foisonnantes. L’économisme prime sur la justice, y compris pour les juges et juristes.
La politique économique dominante est du reste soumise depuis la seconde guerre mondiale à des objectifs égoïstes et mercantiles s’inscrivant sournoisement dans un sentimentalisme de façade constitué par une pensée dominante politiquement correcte.
Cette subordination est à la fois causée par l’intérêt privé des élites et par l’incompétence des politiques et des administrations.
Ainsi en va t’il des économistes, de l’imposture à la trahison, conduisant fatalement à la forfaiture des politiciens et au triomphe de la cupidité.
Henri Temple propose de revenir aux sources de la pensée d’une économie morale.
Il est absurde en effet de refuser la pensée grecque et chrétienne sur l’économie au motif que notre actuelle structure économique serait différente. Absurde car les besoins humains, physiques et moraux n’ont pas changés fondamentalement ces deux derniers millénaires. Les anciens distinguaient déjà l’art économique de la spéculation et l’enrichissement.
Maurice Allais, prix Nobel d’économie, après mille pages de calculs et de graphiques, concluait que le rôle de l’économie est la maximalisation du rendement social. Autrement dit l’homme et l’harmonisation équitable de la société humaine doivent être au cœur des objectifs économiques.
La théorie générale la meilleur possible.
L’accomplissement personnel pour cet animal social qu’est l’homme suppose une volonté collective tendue vers le bien commun.
Cela nécessite des constantes de régulation admises par tous , a commencer par l’adhésion collective, les principes de vérité, liberté et justice.
Henri Temple conclut, pour faire vivre concrètement ces principes de bien commun, à l’établissement de quatre règles de salut public :
1. Respect des souverainetés nationales et populaires
2. Rétablissement de la liberté de parole et de débat (l’isegoria athénienne)
3. Rétablissement des monnaies nationales et revalorisation du travail utile face à la finance, avec une surveillance des activités artificielles d’émission de monnaies scripturales par les banques, de spéculation sur les marchés, avec pouvoir par les états de criminaliser pénalement ces activités.
4. Rétablir le droit et la justice, comme pouvoir au dessus des marchés. Cela veut dire aussi, confier à un conseil du droit, remplaçant le ministère de la justice, de réunir jurisconsultes et philosophes pour repenser l’ordre juridique afin d’éviter la surabondance de la loi, la rendant confuse, injuste, absurde, illisible et finalement inappliquée.
Hervé Juvin, essayiste et économiste expose en substance dans son dernier ouvrage cité plus haut , à quoi nous soumet l’idéologie dominante portée autoritairement par Bruxelles, qui prévaut aujourd’hui : Qu’est-ce que l’Europe aujourd’hui ? Sinon le moyen de l’intérêt national américain. Gouvernance, création de valeur actionnariale, compétitivité et attractivité des territoires… Quatre expressions d’une idéologie, celle de la primauté de l’économie comme moyen de la puissance. Sans oublier le copié-collé d’une « culture » d’importation américaine : toute puissance de la com’, adoption du mariage pour tous, bientôt peut-être de la procréation médicalement assistée, dogme de l’indifférenciation des sexes, tiré de la théorie du genre qui fit fureur aux Etats-Unis voici vingt ans ; dévaluation de l’appartenance nationale, et déchéance d’un projet national fédérateur et identifiant, etc.
Faire Europe oui mais à condition de rompre avec l’erreur de l’occidentalisme qui la dresse contre ses voisins et alliés naturels, de la Russie aux pays du sud, ceux sans qui elle ne se fera pas l’Europe ne participera à une renaissance de la civilisation qu’en affirmant la séparation nécessaire entre les cultures et les Nations, qui garantit leur diversité. Le rêve totalitaire d’un gouvernement mondial est la promesse de l’esclavage, et la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pour en finir avec cette utopie qui a fait tant de mal, l’Europe doit réaffirmer l’importance politique de frontières internationalement reconnues, de la citoyenneté comme appartenance nationale exclusive de tout marché, et le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. »
Pierre de Lauzun, ancien élève de polytechnique et de l’ENA est actuellement délégué général de l’Association Française des Marchés Financiers.
Si la mondialisation, qu’on l’aime ou pas, est bien là, comme un fait incontournable, c’est la nationalité qui fait le statut économique d’une personne. Il convient donc de revenir à la prise en compte de la communauté nationale et peut être en redéfinir les propriétés. C’est avant tout un espace de solidarité historique aux contours géographiques stables et ce qui fonde cette solidarité est le fait de partager des valeurs communes porteuses de sens, traduites dans les institutions. C’est cela qui peut être partagé avec des immigrés qui souhaiteraient faire souche dans notre pays.
La question de l’Europe se pose donc, soit en conformité avec ces principes, soit en contradiction, ce qui dans la seconde hypothèse ne manque pas de faire s’amonceler les difficultés de la construction européenne. Par exemple, la zone Euro n’est pas une zone monétaire naturelle, du fait de son hétérogénéité. Elle n’aurait au mieux de sens que si elle était le lieu d’une redistribution massive, donc avec un budget fédéral. Mais la base politique n’existe pas pour cela, qui suppose un peuple, or il n’y a pas de peuple européen.
La France par ailleurs, comme on sait, a des problèmes structurels particulièrement marqués et notamment la lourdeur du système public y compris la sécurité sociale et l’incapacité à faire des choix collectifs sur les dépenses, ce qui est notamment à l’origine de son surendettement, avec bien sûr la question du remboursement de la dette qui échappe à tout contrôle..
La dette n’a de sens que si ce qu’elle finance créé des richesses qui permettent de rembourser à terme ce qui est dû.
L’Etat providence et plus généralement notre système public, qui grossit chaque année, non seulement dépasse nos moyens, mais n’est pas justifié dans toute une partie de son activité, et même d’un point de vue moral.
Une réorganisation énergique des moyens collectifs vers les fonctions régalienne doit être une priorité (défense, principes de souveraineté , justice, , sécurité intérieure)
Il faut aussi libérer et stimuler les énergies entrepreneuriales et dans le même esprit porter une plus grande attention à la propriété du capital, notamment aux actions, car outre que le développement se finance avec des fonds propres, c’est le moyen principal d’exercice du pouvoir et donc d’orientation de l’économie.. Il ne faut pas en laisser le monopole aux puissances financières internationales.
En matière de solidarité il faut investir sur l’humain et non sur les empilements de dispositifs administratifs. Les aides publiques ne doivent intervenir que pour venir compléter ou soutenir les initiatives de la société civile, dans le domaine caritatif. En finir avec la politique distributive pour une démarche de subsidiarité au contact de ceux qui sont les meilleurs veilleurs sociaux, les associations caritatives.
Idem pour l’éducation qui doit passer par un processus de désoviétisation et la reconstitution d’une transmission active de la culture afin de libérer les énergies en ouvrant en grand la création d’écoles autonomes. L’école ne relève pas en effet des prérogatives régaliennes, mais plutôt de la société civile. L’Etat gardant la maîtrise de l’organisation des examens.
En ce qui concerne la fiscalité, il convient de ne pas priver au de là de 50%, de leur revenu, c’est à dire du fruit de leur travail, chaque citoyen, quelque soit son niveau de richesse. Par ailleurs il faut instaurer une forme de proportionnalité, entre ce que l’on enlève aux uns et ce que l’on attribue aux autres. Ponctionner massivement certains contribuables sans effet significatif sur les autres, parce que le produit est noyé dans la masse ne peut être justifié par l’idée de justice.
Il est par ailleurs injuste et contre productif de frapper si sévèrement le revenu du capital et de l’épargne, ainsi que les transmissions d’héritage.

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