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PARIS 2024 : PARIS OUTRAGÉ, PARIS NORMALISÉ

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Le coup de gueule de François Marcilhac

 

Article du Réveil Français , écrit par : François Marcilhac

 

« Made for sharing ». Alors que le français est première langue olympique depuis 1896, et pour cause, alors que c’est en français que Tony Blair alla défendre, avec le succès que l’on sait, la candidature de Londres 2012 à Hong Kong, c’est un slogan en anglais que Mrs Hidalgo a choisi pour défendre la candidature de Paris aux JO de 2024 ! Nous ne nous attarderons pas sur l’affligeante bien-pensance du slogan, en passe de faire trembler l’Amérique repliée sur elle-même de Donald Trump …et de déstabiliser la candidature de Los Angeles. Cette ville a pris les devants : elle se présente en résistante au nouvel hôte de la Maison Blanche. son maire, Eric Garcetti ayant fustigé dimanche dernier le décret migratoire du président américain en rappelant que L.O. est une « ville d’immigrants ».
Par delà la saine colère qui nous étreint, devons-nous nous étonner ? Même ce grand champion, Tony Estinguet, qui a porté haut les couleurs de la France au kayak dans le monde entier, et qui est aujourd’hui co-président de Paris-2024, s’est cru obligé de déclarer que c’est pour rendre « universel » le projet de la France que l’anglais avait été choisi ! Pense-t-il ainsi se rendre digne d’élites de strass et de paillettes, dont les seules valeurs sont celles de l’homo festivus friqué ? Elites qui doivent pourtant mépriser, faute de la comprendre, l’authenticité de victoires acquises à force de courage et d’abnégation bien réels !
On ne cesse de nous rebattre les oreilles d’une France aux valeurs universelles : manifestement, sa langue ne l’est plus, en dépit de son statut international, du moins au yeux d’élites déracinées. C’est en anglais, également « pour être compris », que Macron donna une conférence à Berlin il y a quelques semaines, en tant que candidat à la présidence de la république française, Berlin dont l’université a primé, un jour, le discours de Rivarol sur l’universalité de la langue française… Quant à Mrs Hidalgo, elle se pense, elle aussi, un destin national, depuis qu’elle a été élue présidente du réseau de villes mondiales, le « Cities 40 » — un machin mondialiste. Elle veut même susciter une « génération 2024 » que sa modestie lui interdit pour l’heure de nommer « génération Hidalgo ». Elle n’a de cesse aussi de vanter Paris comme une ville cosmopolite — ville-monde, en grec —, comme s’il n’y avait rien de plus ennuyeusement semblable à une ville cosmopolite qu’une autre ville cosmopolite — en revanche, en 2024, il n’est pas certain qu’il y ait toujours des bouquinistes au bord de la Seine ou des marchands forains dans les quartiers.
Avec ce slogan, le message que nous envoyons aujourd’hui au monde, et à cette future génération, c’est surtout celui de la soumission, voire de la servilité, reposant sur l’aliénation d’un peuple que ses élites ont habitué à se dénigrer. La génération 2024 sera une génération de « petits mufles réalistes » (Bernanos), prêts à toutes les compromissions, pour exister dans un Paris devenu une simple galerie marchande du village planétaire. Paris 2024 ? Un Paris outragé dans sa dignité, un Paris brisé dans son identité, un Paris normalisé. Un Paris où l’ordre festif règnera. Et parlera la langue de l’oligarchie.
Il arrive pourtant aussi à Paris de se mettre en colère…
François Marcilhac

 

 

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