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Patrie VS Nation?

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Ou comment récupérer l’Histoire dans la campagne présidentielle

 

Article du Réveil Français , écrit par : Olivier Dejouy

 

Beaucoup de contre-vérités, présentées comme des affirmations d’autorité, incontestables puisque consensuelles, sont énoncées tout le long de cette campagne présidentielle. Nous ne prendrons pas le risque d’en effectuer une liste exhaustive… Chaque jour, en effet, nous gratifie d’une perle nouvelle.
On peut considérer, au demeurant, que dans ce genre d’affrontement la caricature du programme de l’adversaire fait partie de la règle du jeu et chaque candidat ne se prive pas, en effet, de se livrer à cet exercice qui semble être consubstantiel à l’expression démocratique. Tout n’est que communication, effets de manches, dramatisation outrancière et habileté de langage.
Mais là où cette manière de faire de la politique frise l’obscénité (pour reprendre une expression du candidat Macron), c’est quand on convoque l’Histoire pour mieux en tordre le sens et servir ainsi ses objectifs électoraux. La suite de célébrations mémorielles du candidat « En marche » pour bien stigmatiser son adversaire, a été diversement appréciée, voire même rejetée par un certain nombre d’observateurs concernés.
Les propos d’Alain Finkielkraut vis à vis de l’instrumentalisation de la Shoah méritent que l’on s’y arrête : « Cette initiative m’a mis dans une colère qui a surpris et choqué mes proches. Je m’en excuse auprès d’eux. C’est le fils de déporté en moi qui hurlait. On ne peut pas faire de l’extermination des juifs un argument de campagne. Les morts ne sont pas à disposition. Le devoir de mémoire dont on parle tant, consiste à veiller sur l’indisponibilité des morts. On me dira que le négationnisme continue à faire des ravages (…) La question du négationnisme demande tout autre chose qu’une halte rue Geoffroy L’Asnier pour mobiliser l’électorat juif contre Marine Le Pen car ce ne sont pas des jeunes militants du FN qui rendent impossible l’enseignement de la Shoah dans les écoles ou qui vont chercher des faits alternatifs aux camps de la mort. De cette terrible réalité, je ne vois guère d’écho dans la campagne d’Emmanuel Macron. Il ne cesse de faire des clin d’œil aux jeunes de banlieues et réserve ses coups à la bonne vieille bête immonde.»
On voit bien que la réduction ad hitlerum des positions de Marine Le Pen, s’inscrivant dans une nouvelle tentative de constitution d’un front républicain, ne donne pas les fruits espérés. Aussi, Emmanuel Macron a-t-il cru habile de revendiquer à son tour le patriotisme comme appartenant à son combat, renvoyant son adversaire vers les marais de l’infâme nationalisme, cause de toutes les guerres comme chacun sait.
On constate en effet que depuis quelques années de montée du Front National dans les différents suffrages, le drapeau français a refait son apparition dans toutes les réunions publiques de la gauche mélanchonienne à la droite libérale en passant bien sûr par la « ni gauche ni droite mondialiste ».
Il est vrai qu’avec la question des réfugiés, de l’immigration massive, des drapeaux algériens ou marocains brandis par les supporters de nos équipes de foot, des mariages tapageurs qui bloquent places et avenues, des déguisements en chameliers de fidèles barbus dans nos rues, de la prolifération des burkas et de la nourriture hallal, de la multiplication des zones de non-droit, des embuscades contre les pompiers et la police, des attentats criminels, tout cela dans un contexte mondialiste américanolâtre et Clintonien, nos élites moralisatrices ont tendance à redonner quelques couleurs à leur drapeau et sont plus prudentes généralement sur les questions d’appartenance.
Mais pour revenir à une contre vérité historique, qui rend le nationalisme responsable des guerres qui ensanglantèrent l’Europe et le monde, il convient d’apporter un démenti formel : Le nationalisme s’est illustré par la défense de l’indépendance nationale et non par le désir d’envahir le voisin.
Les deux dernières guerres mondiales furent provoquées essentiellement par le pangermanisme de Bismark et d’Hitler. La guerre de 70 est une résultante de l’empire français ainsi que les guerres napoléoniennes. Et l’on pourrait remonter jusqu’à l’empire Austro-Hongrois… C’est toujours, dans l’histoire, quand une organisation supranationale a voulu imposer sa loi à des nations indépendantes que les guerres se sont déclarées et non l’inverse.
Autrement dit aujourd’hui, ce qui constitue bien un danger est cette volonté de l’UE de réduire le rôle des nations en imposant des règles de plus en plus contraignantes. Les Etats-Unis serait notre allié historique sans réserves, s’ils s’abstenaient de toute volonté impériale. La « création » induite du califat, suite aux interventions en Irak, constitue un danger autrement plus préoccupant que les conflits nationaux antérieurs…
Par ailleurs, la paix que l’on brandit depuis 1945 comme étant le fruit de la politique européenne, nonobstant les guerres non légitimes conduites par l’OTAN sur le territoire européen, est davantage due à l’équilibre de la terreur instaurée par la possession des deux grands, ainsi que de la France, de l’arme atomique…
Donc, la stratégie qui vise à rejeter le patriotisme de Marine Le Pen en l’affublant du terme de nationaliste, dans le but de faire peur, n’est au fond qu’une manière de se désolidariser de l’authentique patriotisme, dont par ailleurs le leader d’En Marche, se réclame. Il est difficile, en effet, d’imaginer que de vrais patriotes rejettent la Nation : Elle est l’organisation politique de la patrie et passe obligatoirement par sa sauvegarde.
Puisque tout le monde, de la droite forte à la gauche extrême, se sent héritier de la Révolution, n’oublions pas le crie de ralliement historique : « Vive la Nation ! » qui visait à remplacer dès 1791 « Vive le roi !» en référence à celui qui incarnait jusque-là la Nation, issu de la lignée qui précisément construisit cet édifice durant huit siècles.

 

 

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