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Interview de Cheryl Toman, universitaire américaine (Cleveland), enseignante à la Sorbonne présidente de la Biennale de la Langue Française

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Propos recueillis par Joël Broquet

 

Article du Réveil Français , écrit par : Joël Broquet

 

La XXVIIème Biennale de la Langue Française se tiendra à Paris les 14, 15 et 16 septembre à Paris (FIAP Jean Monnet)
Vous êtes une universitaire américaine, enseignante à la Case Western Reserve Universitaire travaillant avec plusieurs établissements d’enseignement secondaire et supérieur et de recherches en France et vous présidez la Biennale de la Langue Française Pourriez-vous resituer la « Biennale » et son histoire dans le panorama des institutions et associations vouées à la défense de la langue française ?
Cheryl Toman : La Biennale a été créée à Paris en 1963 par Alain Guillermou. Roland Eluerd a pris la relève en 1993 et je suis devenue présidente en décembre 2016. Les traditions de la Biennale sont riches même si nous essayons de donner un nouvel élan à notre association en fonction de la réalité toujours changeante de notre monde mais son but était et est toujours de « coordonner les efforts des divers pays de langue française pour la sauvegarde d’un commun patrimoine linguistique », la langue française.
Son objet est « d’aider et de soutenir l’ensemble des personnes, notamment les professeurs de français, et des organismes qui, à travers le monde, œuvrent pour le maintien des qualités propres et de l’unité de la langue française dans sa diversité et dans la diversité des cultures qu’elle véhicule ou est appelée à véhiculer ». Les Biennales se sont déroulées en différents pays d’Afrique, d’Amérique du Nord ou d’Europe. L’action de la Biennale est un combat, celui de la diversité des langues contre l’uniformité d’une seule langue dominante, d’une langue unique, le tout anglais.
Les 14, 15 et 16 septembre 2017 se tiendra à Paris la XXVIIème biennale de la langue Française. Vous y accueillez une trentaine d’intervenants majoritairement représentatifs des enjeux francophones au Maghreb et Afrique noire. Voulez-vous ainsi marquer la prévalence du paramètre africain dans la géopolitique de la francophonie ?
Depuis la création de notre association, nous avons parmi nous des collègues africains et maghrébins. Léopold Sédar Senghor était un président d’honneur de la Biennale et nous avons organisé des Biennales quatre fois en Afrique (à Dakar en 1973 et 2007, à Ouagadougou en 1999 et à Marrakech en 1987). Cette nécessité de promouvoir un authentique plurilinguisme et de défendre le français se trouve partout où le français est pratiqué et enseigné, que ce soit en Europe et dans les institutions européennes, ou en Afrique ou au Maghreb. D’après l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Afrique est l’avenir de la francophonie. Donc, il faut s’assurer d’une bonne représentation de tous les pays francophones pour la XXVIIème biennale et nous pouvons dire effectivement que nous voudrions marquer la prévalence du paramètre africain dans la géopolitique de la francophonie mais en réalité, l’Afrique et le Maghreb participent à notre travail collectif depuis toujours.
Vous avez récemment rencontré Gilbert de Pusy la Fayette, président du comité La Fayette ; pensez-vous que la francophonie ait un avenir aux États-Unis ?
Absolument. Après l’espagnol, le français est la seconde langue étrangère la plus apprise aux États-Unis. Et quant aux états comme la Louisiane, le Maine, le New Hampshire et le Vermont, le français est la langue étrangère la plus apprise malgré le développement rapide à tous les niveaux scolaires et universitaires, depuis peu, des programmes de langues étrangères. Cette réalité est encore plus impressionnante si nous considérons qu’il y a vingt ans, les programmes de langues étrangères aux États-Unis n’offraient que deux langues, l’espagnol et le français. Aujourd’hui, les jeunes Américains peuvent apprendre même à certaines écoles élémentaires le chinois, l’arabe, le japonais, et le russe, et pourtant le français maintient sa position forte dans le pays.
Il ne faut pas oublier que la France et les États-Unis seront toujours liés par leur histoire commune, comme constate Gilbert de Pusy la Fayette. C’était un énorme plaisir pour moi d’avoir rencontré Gilbert de Pusy la Fayette au moment où mon université avait récemment choisi un livre sur la Fayette comme la lecture commune de tous les étudiants en première année (Lafayette in the Somewhat United States par Sarah Vowell). Donc, non seulement la langue française est importante, mais l’histoire française l’est également.
pour accéder au site : http://www.biennale-lf.org/

 

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