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Le Mali vient de se heurter à sa contradiction intérieure

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Lorsque l’armée française eut gagné la guerre du Mali en 2013 (empêchant les islamistes de prendre Bamako et d’en faire une Mossoul noire), François Hollande et Laurent Fabius s’empressèrent de perdre la paix. Le 16 juillet 2013 nous avions rencontré, Nicolas Dupont-Aignan et moi-même, le Ministre des Affaires étrangères du moment, à son invitation.
Après un long monologue le Ministre me demanda si je voulais lui parler de quelque chose en particulier et je lui avais dit alors : « il ne faut pas encourager le Mali à procéder rapidement à une élection présidentielle sans qu’il n’y ait eu au préalable :
– d’abord une conférence de réconciliation nationale (c’est la tradition africaine) entre le nord et le sud,
– ensuite probablement une modification de la constitution pour tenir compte des aspirations à la régionalisation des peuples qui composent le Mali, un pays immense, largement artificiel (voir le tracé de ses frontières tirées à la règle) et dont le nord, plus grand que la France (auto dénommé Azawad), abandonné par Bamako, regroupe des peuples, différents de ceux du sud, qui vivent côte à côte depuis des siècles: notamment Maures, Peuls, Songhoïs,Touaregs, …
L’élection présidentielle eut lieu (sur la base de la constitution contestée) le 28 juillet 2013 alors que la guerre n’était pas finie au nord, que des dizaines de milliers de personnes s’étaient réfugiés dans les états voisins, et bien sûr que toutes les questions politiques étaient laissées en suspens…
Ce suspens ce furent les aberrants accords d’Alger de 2015 (il y avait déjà eu ceux, inutiles, de 2005 et de 1992), menés sous la tutelle de l’Algérie et…des USA. Où était la France ? On promit des sinécures à certains chefs de guerre ou de clans; certains approuvèrent d’autre pas et la confusion s’installa notamment sur l’essentiel : la reconstruction de l’État malien en créant des régions et en instituant des élections locales. On finissait pas le début.
Une affaire, si mal entamée, ne pouvait pas évidemment s’arrêter là. Mêmes causes mêmes effets. En prévision de l’élection présidentielles de 2018 l’actuel président Keita imagina, début 2017, un referendum pour modifier la Constitution. Les récentes manifestations de rue furent le prétexte d’une campagne présidentielle avant l’heure et le referendum prévu en juillet fut repoussé.
Un des leaders de l’opposition, ex et futur candidat président, met de l’huile sur le feu (Jeune Afrique 7 août 2017):  » Sur le fond, cette révision avait pour but d’intégrer certains engagements pris lors de l’accord d’Alger [signé avec les groupes rebelles du Nord en 2015], notamment sur les questions de décentralisation. Mais les députés ont estimé à l’unanimité que ces dispositions contribuaient à diviser le pays et menaçaient la cohésion nationale. Ils ont donc formulé des amendements pour qu’ils soient retirés. Pour le reste, ce texte vise essentiellement à un renforcement exorbitant des pouvoirs du chef de l’État ». »Ce projet ne traite plus des problèmes liés à l’accord d’Alger, puisque les députés se sont opposés à la régionalisation (sic). La révision n’est donc plus opportune (sic). Le pouvoir ne s’y accroche que pour renforcer son emprise ».
Nous voilà revenus en arrière du point de départ. La France a abandonné à d’autres le dossier politique du Mali: la paix n’est pas rétablie au nord, le centre du pays est désormais le théâtre d’affrontements inter-ethniques, et les députés refusent d’appliquer des accords de paix et d’en tirer des conséquences constitutionnelles. Au sud on monopolise le pouvoir et l »économie et on jouit de maintenir le nord dans son triste état. Au nord il y a désormais une génération perdue : mise hors la loi politiquement, elle ne survit que dans les trafics, les rackets; ou le jihad. Rétablir la paix, la dignité, la démocratie, l’état et l’économie sera de plus en plus difficile. Car la question targuie se pose de surcroît sur une vaste étendue (Algérie, Mali, Niger, Libye). Et cette aire croise aussi celle du jihad qui infecte l’Afrique jusqu’au Nigeria et au Cameroun via le Burkina menacé …Un fiasco de Hollande-Fabius; Macron ? Ils ont entretenu et fortifié le terrible danger qui nous menace. Il est temps de devenir bien plus intelligents que ça. Car il est déjà bien tard.

 

 

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