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Taguieff et nous

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A propos de ce chef d’œuvre : « L’islamisme et nous : penser l’ennemi imprévu »

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Disons le d’emblée : ce nouveau livre de Pierre-André Taguieff est un ouvrage majeur pour nous sauver, en tant que nation et civilisation, d’un XXIe siècle qui s’annonce très dangereux. Bien sûr l’islamisme n’est pas le seul grave danger qui menace l’existence et la liberté notre nation, et il faut mentionner encore : 2) le mondialisme, l’abaissement de la démocratie et la ploutocratisation, 3) la surpopulation et les flux migratoires, 4) la pollution et l’épuisement des ressources. Mais comment ne pas voir les corrélations entre ces quatre périls planétaires ? Et surtout comment ne pas s’alarmer désormais d’une lancinante menace criminelle, insupportable, que nos stupides dirigeants successifs ont passivement laissé s’installer dans nos rues, nos écoles nos promenades, nos lieux de spectacle, de transport ou de culte ?
Le livre de P-A Taguieff ne se laisse pas apprivoiser facilement; pour un lecteur expérimenté, mais à temps partiel, qui désire s’en imprégner il réclame près d’un mois de soirées assidues et concentrées. Deux ou trois pages à la fois… Car il tient tout autant de l’enquête dense, rigoureuse, implacable, extrêmement bien documentée, et de la réflexion philosophique profonde et subtile, débouchant sur un questionnement juridique et politique. Taguieff étudie à la fois l’islamisme, notre relation à ce phénomène, et ses dégâts dans notre société. Ce sont d’ailleurs là les idées forces qu’affichent le titre et le sous titre de cet ouvrage, ce qui conduit naturellement à l’organisation de sa recension:
– l’islamisme (cet ennemi imprévu),
– et nous, dans notre propre complexité elle-même imprévue.
I L’islamisme, l’ennemi imprévu…
Le philosophe, à la fois révulsé, calme et profond, effectue une biopsie scientifique et sans faiblesse du phénomène islamiste. Il fallait d’ailleurs tout ce travail, très accompli, pour ne pas risquer d’être dénoncé par les inquisiteurs islamo-gauchistes qui ont érigé l’islamophobie, hors de toute qualification pénale sérieuse, en une sorte de crime religieux de type blasphématoire. Plus de 600 notes et citations précises transforment l’impeccable enquête de Taguieff en un réquisitoire implacable. L’œuvre est intellectuellement si riche que l’on peinerait à la résumer. Néanmoins quelques acquis s’en dégagent. Si vrais et si denses que bien peu de médias à ce jour se sont risqués à les relater avec exactitude, d’autant que le style riche, précis, et la démonstration scientifique découragent par avance toute critique bâclée. Si l’on surmonte la difficulté d’un accès rendu ardu par un fond complexe, voici ce que décrit Taguieff :
– L’islamisme n’est absolument pas étranger à l’islam; il en est encore aujourd’hui une conséquence, quoique quelques penseurs musulmans, courageux mais isolés, proposent de le séparer du corpus religieux principal. Le passage d’un islam quiétiste (et laïco-compatible) à l’islamisme est imperceptible, et justifié par les sectateurs par des arguments de texte qui, pour si archaïques qu’il puissent paraître à des esprits non musulmans (80% de l’humanité), sont malheureusement guère réfutables au plan du dogme religieux traditionnel, verrouillé.
– Quant au passage de l’islamisme ordinaire à l’islamisme criminel il s’effectue là aussi d’une façon indécelable, et assez logique au plan du raisonnement interne de la religion et de sa geste historique… Les textes anciens et la tradition (sahis, sunna), la littérature des Frères musulmans, le wahhabisme politique et d’État, les appels tant au jihad et au meurtre des juifs et des chrétiens par les organisations islamistes contemporaines qu’à la prise de pouvoir sur les pays européens, tout ceci qui a été écrit et publié par les islamistes, a été patiemment analysé, décrit et résumé rigoureusement par Taguieff. L’islam, s’il n’est pas contenu ni par la raison humaine, ni par un cadre politique nécessairement strict, est par nature guerrier et s’affirme ostensiblement comme tel. Et donc, quels que soient les moyens envisagés et mis en œuvre, l’islamisme se donne vocation à prendre le pouvoir non seulement dans ses contrées d’origine mais encore dans tous les pays du monde. L’ennemi juif et chrétien -ou leurs complices régnants- persécute les musulmans. Cette victimisation, assénée et mise en scène, justifierait donc une légitime riposte contre l’Occident en général, la France colonisatrice en particulier. L’islamisme fait une lecture historique et racialiste du choc des civilisations, tel que Huntington l’envisage et que l’islamisme l’intègre comme un fait acquis dont il tire toutes les conséquences.
Or face à ce phénomène d’assassinats de civils innocents dans des pays en paix, et de génocide des minorités du champ d’opérations, on constate un véritable déni (psy) par l’ Occident, notamment dans sa  »basse intelligentsia » – comme l’appelle Régis Debray – qui refuse de façon la plus butée d’en reconnaître la dimension religieuse. Pourtant dès 1984 dans un ouvrage prophétique (ou simplement informé et raisonné) Jacques Ellul avait déjà (La subversion du christianisme) signalé que  »l’islam représente une menace guerrière permanente pour l’Occident ».
Les centaines de civils assassinés en Europe (près d’un millier) et les milliers de blessés nous obligent, désormais, à observer comment nous réagissons ou devrions réagir contre ceux qui revendiquent être nos ennemis.
II …et  »Nous », face à l’islamisme (et notre confusion mentale imprévue…)
Après avoir étudié  »l’ennemi imprévu » Taguieff analyse longuement, de façon très pénétrante, nos réactions face à cet ennemi imprévu. Il recense plusieurs types de réactions, qui vont du déni à la complicité revendiquée et arborée. Il y a d’abord, en France, écumant de haine hystérique, le prétendu « Parti des indigènes de la République » qui ne se démarque pas franchement de l’islamisme qui lui-même ne condamne pas les appels au crime du Manuel de Manchester et de sa logique très proche du nazisme. Outre la défense de la Palestine (qui aurait pu être justifiée autrement), le PIR clame que  »la république est une religion islamophobe »! Sans réaction du Président de la République.Toujours parmi ces détenteurs dénaturés de la nationalité française, s’élabore une agressivité anti blancs, ces derniers étant ravalés au rang d’ethnie concurrente, en perte de vitesse, sur un territoire banalisé, ouvert, sur lequel ils n’ont guère de légitimité. Le vocabulaire est sans équivoque : »abattre un Européen »,  »tuer le Blanc »,  »la haine raciale n’est-ce pas un sentiment blanc ? ». Indulgence ou éloge du meurtre, ou simple exacerbation de la haine raciale lorsque, en toute impunité, le Bondy Blog reprend un texte de rappeur qui accuse la France de crimes ? Ces boute feu non seulement vivent dans l’impunité mais encore s’attirent la bienveillance de  »sous-chiens » (sic) authentiques : soit de simples bobos ( »basse-intelligentsia) au cerveau détérioré par 40 ans de lecture non critique de Libé ou du Monde, pratiquant avec dévotion les rituels de la secte de la pensée unique; soit, pire, des islamo-gauchistes, ou islamo-fascistes, fous de haine qui fantasment de conduire la nation à la guerre civile en affirmant qu’elle a commencé et qu’ils sont attaqués. Cette maladie intellectuelle se décline en divers sous-types : le sous-type branché-médias qui croit chic-parisien d’inviter des ennemis de l’Occident et des libertés, mêmes habiles comme Ramadan, à parler à des millions de téléspectateurs; le sous-type anti-islamophobe (ou islamophile) qui, pour bien montrer qu’il est anti extrême-droite, valide de ce fait tout ce qui est lié à l’islam, et même, en cas de crimes, s’efforce d’écarter sans examen, ou de minimiser, la motivation religieuse. En général ces piliers de plateaux télés (par copinages de toutes natures), paresseux, arrogants et incultes ne connaissent rien à l’islam pour avoir été incapables de l’étudier. On y trouve aussi des psys-à-tout-faire pour qui la riposte adéquate à l’engagement de jeunes des cités aux côtés des génocidaires du Moyen-Orient est le séjour tous frais payés en pension de dé-radicalisation (le Château de Pontourny…).
Alors – nous demande Taguieff – par l’effet de quelle faiblesse intellectuelle ne faisons nous rien face au projet ouvertement proclamé de nous détruire ou de nous dominer ? Et d’ailleurs que faire alors qu’en France, selon l’Ifop, 28% des musulmans adhèrent à une conception d’un islam, inconciliable avec la République et que 50% des jeunes musulmans se considèrent comme sécessionnistes (p.171) ? A ces interrogations Taguieff répond qu’il faut  »penser cet ennemi imprévu », ce qu’il fait de façon profonde et forte, en nous proposant 17 idées énergiques résumant sa position philosophique dont nous tenterons une synthèse : l’islamisme n’est pas étranger à l’islam (même si tout musulman n’est pas islamiste), mais le trouble vient du fait que tous -musulmans et islamistes – se fondent sur les mêmes textes. Toutes les formes d’ islamisme ont pour but central de contraindre toutes les nations à obéir à l’ordre islamique, dans lequel les non musulmans seront inférieurs, les femmes séparées et inférieures, ce dont leur voile est la symbolisation. Le but ultime est l’instauration du califat universel, par tous les moyens y compris le jihad et l’assassinat aveugle. Les islamistes prétendent qu’ils ne font que se défendre contre un ennemi occidental, juif, blanc, chrétien,  »croisé » (sic !), colonialiste et mécréant. Impur et inférieur. Le rejet de l’islamisme, de son projet totalitaire criminel, n’est pas de l’islamophobie (cet artefact idéologique) mais de la légitime défense. En réalité si l’Occident résiste aussi mal c’est parce qu’il lui manque l’intelligence du phénomène islamiste et qu’il se laisse impressionner. Il faut rétablir la liberté pour les musulmans et les non musulmans de parler de l’islam comme de toutes les religions.
Nous nous permettrons, en outre, de suggérer quatre réflexions et suggestions personnelles.
– Les termes crus du Coran ou des traditions et exégèses (sahis) qui sont contraires aux valeurs françaises doivent être édulcorés par un consistoire à créer, et les versions ayant des effets d’incitation violente, interdites.
– Le projet et les actes de Daesh, d’Al-Qaïda, et de leurs succursales, doivent être juridiquement déclarés génocidaires comme cela s’infère d’ailleurs aisément de la loi française, issue de Nuremberg ; or notre code pénal punit de la réclusion criminelle à perpétuité le génocide : propagande, participation ou complicité.
– Les bi-nationaux qui trahissent la France doivent être déchus de la nationalité française.
– Au nom de la démocratie (comme en Suisse), des principes des Nations Unies sur les droits des peuples, et du principe sociologique de précaution, la population française doit être consultée sur la poursuite ou l’interruption des flux immigratoires massifs.
Les trois valeurs qui font l’essence de l’Occident, notre chair morale collective et consensuelle, et qui seules peuvent conduire l’humanité vers son salut et vers la paix sont :
– la Vérité, rendue accessible par les libertés, notamment celles de la spiritualité, de la connaissance, de la raison, du système politique,
– la Liberté, tant comme moyen que comme but suprême, spirituel, intellectuel et politique, via les chemins de la vérité et du courage,
– l’Amour, fut-ce par ses formes laïques de l’Égalité, de la Fraternité, de la Justice, de la solidarité et de la tolérance.
Les islamistes veulent éliminer ces valeurs et remplacer :
– la Vérité – et la liberté de la chercher – par un document intangible rédigé par un prophète chef de guerre du 7e siècle, et les gloses tardives de ce document,
– la Liberté par la soumission des hommes à leur vision de leur dieu, et celle des non islamistes à la charia, avec ses statuts d’infériorité juridique (mécréants, femmes, esclaves)
– l ‘Amour et la paix par la haine, la guerre, l’assassinat, le génocide.
*
On ne pourra jamais, dans un État, essayer, sans les suites les plus déplorables, d’obliger les hommes, dont les pensées et les sentiments sont si divers

  1. Paul Korlov says:

    Excellent article! Sur ce même sujet, certainement moins complet mais lisible en une journée, puis-je vous recommander aussi mon essai « Islam, que faire? 40 propositions pour apaiser l’avenir », disponible sur Amazon seulement?
    Paul Korlov

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