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2018 : L’année de la révolution commerciale planétaire

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Submergés de tant d’indices économiques, news, analyses hyperboliques, qui fera attention à notre annonce ? Pourtant dans l’écoulement historique un jour les choses anciennes cessent; un autre jour des choses nouvelles surgissent qui façonnent le monde qui vient.
Or en 2018 surgira des USA un événement majeur dont nos médias main stream n’ont pas révélé toute l’importance. Une révolution inimaginable il y a 1 an qui va bouleverser le système qui s’est installé malgré nous et contre nous.
Il s’agit des dispositions fiscales et douanières qui vont protéger l’industrie nationale américaine. On se référera à l’excellente Lettre de Léosthène (une lettre de conjoncture internationale, du 8 novembre 2017) d’Hélène Nouaille pour plus de détails parfaitement référencés. Nous citons:  »Donald Trump a pour objectif de restaurer la compétitivité américaine, de rapatrier investissements et emplois et d’augmenter les salaires. Pour ce faire, il est prévu de réduire de 35 à 20% l’impôt sur les sociétés, de ramener de sept à trois les tranches d’imposition pour les ménages (35%, 25% et 12%) ». Ce projet a de fortes chances d’être voté dès décembre 2017.
A cela s’ajoutera un projet de taxes douanières (accises) déjà présenté en 2016 par les Républicains (sous Obama), perçues aux frontières américaines, destinées à renchérir les importations et à favoriser le made in America, en vue de réduire le déficit abyssal des balances commerciales et financières US dans les échanges avec la Chine, le Japon, l’UE(Allemagne), le Mexique. L’idée de la « Border Adjustement Tax » a été étudiée par notre collègue de Berkeley, Alan Auerbach, Directeur du Center for Tax Policy and Public Finance. Il s’agit d’infliger une taxe de 20 % à tous les produits qui entrent aux USA sans y avoir été fabriqués alors que l’entreprise qui les distribue est installée aux USA. Peu important d’ailleurs que cette entreprise soit américaine ou étrangère. Il s’agit bien d’une mesure délibérément protectionniste qui fera voler en éclats le système de l’OMC institué par le Traité de Marrakech en 1994. Y aura-t-il des recours devant l’organe de règlement des différents à Genève ? Sans doute. Mais on se souvient que ceux que la France avait intentés contre les USA pour l’affaire du bœuf aux hormones avait duré des années. Auerbach est un adepte des thèses de Maurice Allais (notre Nobel d’économie mort dans l’indifférence et l’ingratitude françaises), au sujet du commerce international. Ou encore de celles de l’économiste allemand F.List : le principe national d’économie politique; et la théorie des forces productives. Wilbur Ross, Secrétaire d’État au commerce, déclarait dans son plan d’action au Congrès (O4/17):  » L’administration Trump croit au commerce libre et équitable. Mais à l’avenir, nous allons nous concentrer sur les négociations bilatérales ». Peu avant que D.Trump rencontre son homologue chinois lors de sa tournée en Asie, le Département du Commerce, publiait sa décision de considérer la Chine comme non market economy (US Department of commerce, 26/10/2017, China’s Status as Non-Market Economy https://www.ustradeblog.com/files/2017/10/Chinas-NME-Status-Memo.pdf ) ce qui permet de lui appliquer des mesures anti-dumping non prévues par l’OMC pour les économies de marché.
Comme Bruxelles manque et de fond et de courage la France doit se préparer à cette éventualité. En faisant de même. J’avais préconisé en mars 2017, que la France tire bénéfice de l’effet brise-glace de Trump.(http://www.bvoltaire.fr/france-profiter-brise-glace-trump-banquise-mondialiste/ ). Comme Hélène Nouaille l’écrivait aussi en avril 2017, « le choc sera rude pour tous ceux qui n’auront ni anticipé ni compris qu’il ne s’agit pas d’un  »repli sur soi » de la première puissance mondiale, mais d’une autre organisation du monde qu’elle entend imposer ».
L’OMC, puis l’UE qui s’est moulée dedans, pourraient alors en trépasser.

 

 

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