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Pour en finir avec la dialectique « Intégration vs assimilation »

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Article du Réveil Français , écrit par : Olivier Dejouy

 

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On sait à quel point les sociologues observateurs admiratifs des progrès de ce qu’ils appellent « l’individuation » (pour ne pas dire individualisme) sont attachés à ces notions apparemment opposées…
Si l’on se réfère à Durkheim, on comprend que l’intégration est davantage un processus émancipateur de l’individu plongé dans un univers complexe où plusieurs groupes coexisteraient, formant un tout organique. Evidemment, cette définition s’oppose à la représentation proposée par le terme assimilation, lequel, très républicain s’inscrit dans une logique explicitement digestive. On sait ce qu’il advient du produit du travail des intestins pour ne pas insister sur l’évocation de cette métaphore.
En réalité, les politiques de droite ou de gauche ont fait des mots « intégration et « assimilation » leurs slogans respectifs d’identification idéologique dans leur gestion de l’immigration. Il est amusant de se rappeler que l’assimilation républicaine, quand il s’agissait d’éradiquer l’influence de l’Eglise ou d’interdire la langue bretonne, était proclamée par les radicaux-socialistes, c’est à dire les aïeux de notre gauche actuelle.
Pour continuer à évoquer l’Histoire, on se rappelle également que le slogan de l’OAS pendant la guerre d’Algérie à propos des autochtones était l’intégration.
Aujourd’hui, c’est la droite dure qui prône l’assimilation tandis que la gauche ne veut pas entendre parler d’autre chose que de l’intégration.
Dans le contexte actuel d’immigration massive, nouvelle forme d’immigration opportuniste s’appuyant sur les guerres démocratiques et libératrices déclenchées par l’Occident, on est assez loin de se préoccuper d’assimilation ou d’intégration ce qui équivaut a débattre du sexe des anges à Constantinople tandis que la ville tombe entre les mains des ottomans.
Pour autant, puisque l’on continue à s’envoyer ces notions, toutes deux ambigües, à la tête sur les plateaux télé et que nos élites médiatiques, appuyées par nos moralistes politiques et financiers, s’évertuent à ranger tous les sceptiques des bienfaits de la sur-immigration que nous vivons, du côté des racistes et des nostalgiques des heures sombres de notre Histoire, il est difficile de traiter la question avec un tant soit peu de recul.
Mon expérience professionnelle personnelle m’a amené à observer que les associations, les organismes sociaux et éducatifs ne pratiquaient globalement pas la moindre démarche d’intégration auprès des populations fraichement arrivées. En effet, dans la plupart des cas observés, nos immigrés sont accueillis par des professionnels qui n’aiment pas la France et qui transmettent leur détestation de notre pays à travers leur prisme. C’est une des raisons qui explique les difficultés rencontrées par les étrangers pour s’intégrer à notre mode de vie.
Ainsi, par exemple, des algériens qui considèrent pourtant leur pays d’origine comme invivable pour eux, arborent à la moindre manifestation sportive le drapeau du pays dans lequel ils ne voudraient pas habiter. Cela signifie peut-être qu’ils ont besoin de se référer à une terre nourricière, et que ce n’est pas celle habitée par les défenseurs du multiculturalisme, rejetant systématiquement tout comportement signifiant le moindre enracinement, qui les fait rêver.
Ainsi va notre pays qui revendique tellement l’injonction de cosmopolitisme induite par les tenants du mondialisme culturel précédant le mondialisme économique, qu’il en perd sa réalité propre.
A de nombreuses reprises, j’ai pu parler avec des immigrés de la première, deuxième et même troisième génération, et chaque fois, j’ai eu droit à la même remarque : « C’est la première fois que je rencontre un Français qui aime son pays ». Ainsi me suis-je fait des amis issus de l’immigration en plus grand nombre certainement que ceux qui fréquentent les « bobos » plus préoccupés par leur nombril bio et accessoirement la paix dans le monde, que par la solidarité nationale.
Le modèle républicain sur la laïcité et disons le, sur une vision plutôt matérialiste de l’Homme, dans un pays où la jouissance et le profit sont considérés comme autant de vertus, ne constituent pas un cadre d’intégration pas plus que d’assimilation, car intégrer ou assimiler dans quoi ? Une France, forgée dans son histoire, qu’elle ne renie pas systématiquement, ou dans un espace marchand sans culture et sans identité ?
On peut expliquer en partie la montée de l’Islam dans nos contrées par le rejet d’une société totalement areligieuse, que la foi républicaine ne saurait remplacer.
En outre, ceux qui défendent l’assimilation, si tant est que cette notion soit définissable de façon satisfaisante, devraient bien sûr commencer par aller au devant des immigrés encore non intoxiqués par l’ambiance générale et plutôt dégradée de cette terre d’accueil, afin de montrer un autre visage de la France.
Mais pour réconcilier les acteurs pathétiques de cette guerre picrocholine un peu décalée, je ne crois pas que l’on puisse assimiler les primo-arrivants, par des cours de Français accélérés, du moins ce ne sera pas suffisant. Il faut généralement compter une génération d’intégration pour pouvoir par la suite entrer dans une phase plus définitive d’assimilation. Demandez aux ch’tis le temps qu’il leur faut pour devenir savoyard !
Aujourd’hui, on est obligé de constater que la première génération, sans être assimilée, était mieux intégrée que la deuxième, laquelle s’est parfaitement assimilée en revanche dans la délinquance, la technologie et une forme de cosmopolitisme désastreux au plan intellectuel…
Mais bien sûr, au risque de me répéter, il y a aujourd’hui plus urgent : Ramener l’immigration à des proportions acceptables afin que les propositions des politiques soient crédibles.

 

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