subscribe: Posts | Comments

Affaire Maurras : démission du Comité aux commémorations

1 comment

 

Vu sur : Le Figaro.fr, écrit par : Edouard de Maréschal
Affaire significative du complexe ravageur qui ronge nos politiciens incultes et une bonne partie des français mal informés , gavées de télévision et rompus aux réflexes binaires et manichéens. Si Maurras a bien été compromis pendant la dernière guerre par son soutien aveugle et coupable au maréchal Pétain, personne ne connait les circonstances même de ce soutien, mais surtout, beaucoup de ceux qui composent l’opinion publique ignorent l’impact que cette grande intelligence a eu sur la pensée française de la première moitié du vingtième siècle. Le sectarisme idéologique aura eu raison de la maturité intellectuelle et de la sagesse du comité aux commémorations. RF

 

Dix des douze membres de cette instance ont annoncé mardi leur retrait collectif, épilogue d’un bras de fer avec le ministère de la Culture.
La polémique sur la commémoration de Charles Maurras aura fait deux morts: le Haut Comité des commémorations nationales, dont dix membres sur douze ont annoncé mardi leur démission collective, et le traditionnel Livre des commémorations, dont le ministère de la Culture s’est empressé d’annoncer, dans la foulée, l’arrêt de son édition annuelle.
Dans une lettre ouverte que Le Figaro s’est procurée (lire ci-dessous), les démissionnaires estiment que le retrait du nom de Charles Maurras de la liste des commémorations «rend impossible, à notre plus vif regret, de continuer de siéger dans cette instance». Et de poursuivre: «Vous comprendrez que, dans ces conditions, nous ne puissions continuer à siéger avec, en permanence, la menace soit de la censure, soit de l’autocensure».
Parmi les signataires figurent notamment l’historien et ancien ministre Jean-Noël Jeanneney et l’historien Pascal Ory, spécialiste de la collaboration durant l’Occupation, deux figures qui s’étaient publiquement opposées à cette décision du ministère de la Culture.
«Nous constatons que la ministre, et une partie de l’opinion, ne comprend pas la distinction pourtant claire entre commémorer et célébrer, regrette Pascal Ory. Nous ne pouvons pas travailler dans de telles conditions, nous ne sommes pas des procureurs.»
«Nous constatons que la ministre, et une partie de l’opinion, ne comprend pas la distinction pourtant claire entre commémorer et célébrer. Nous ne pouvons pas travailler dans de telles conditions, nous ne sommes pas des procureurs»
Pascal Ory, historien
Cet épilogue met fin à plusieurs années de polémiques successives sur la nature du travail de cette instance créée en 1974 par Maurice Druon, alors ministre de la Culture, pour «veiller à la commémoration des événements importants de l’histoire nationale». L’inscription de Louis-Ferdinand Céline dans ce qui était alors le «recueil des célébrations nationales» avait déjà provoqué une levée de boucliers en 2011. Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, avait finalement décidé de retirer de la liste le nom de l’écrivain antisémite et collaborationniste pour clore la polémique. Il avait par ailleurs décidé de remplacer le terme de «célébrations», par «commémorations», pour mettre fin à tout malentendu.
Las, la polémique est repartie de plus belle en janvier dernier, quand il a été question d’inscrire Charles Maurras dans le Livre des commémorations de 2018, jusqu’à son retrait décidé par la ministre de la Culture, Françoise Nyssen.
Dans la foulée, cette dernière a annoncé «une évolution» du Haut Comité aux commémorations nationales, parlant «d’une ambiguïté persistante dans le débat public entre célébration et commémoration». Elle a par ailleurs annoncé la fin de l’édition du livre sous l’égide du ministère de la Culture. «En effet, le statu quo n’était acceptable ni pour le ministère de la Culture, dont la mission est de rassembler les Français, ni pour les membres du comité, historiens ou experts reconnus», peut-on lire dans le communiqué.
À l’avenir, le travail du comité pourrait disparaître, et la charge d’établir une liste d’anniversaires pourrait être remise à l’Institut, totalement indépendant du ministère de la Culture.
DOCUMENT – La lettre ouverte des dix membres démissionnaires du Haut Comité des commémorations nationales :
A Madame Françoise Nyssen ministre de la Culture.
Mercredi21 mars 2018
Madame la ministre,
1 La décision que vous avez prise de retirer le nom de Charles Maurras de la longue liste de faits mémorables établie par notre Haut-Comité au titre de l’année 2018 – après l’avoir d’abord ratiIée par une préface élogieuse-et d’interrompre la diFusion duLivre des commémorations nationales nous rend impossible, à notre plus vif regret, de continuer de siéger dans cette instance. Vos prédécesseurs et vous-même nous avaient demandé de consacrer à cette mission, bénévolement, du temps et de l’énergie, ce à quoi nous avions consenti volontiers, compte tenu de l’intérêt intellectuel, pédagogique et civique de cette entreprise. Jusqu’en 2011 le champ conIé à ce Haut-Comité concernait les « Célébrations nationales ». Le terme pouvait laisser place à des incertitudes sur les frontières de celles-ci. Plusieurs d’entre nous, membres, à l’époque, de cette institution, avaient donc proposé que l’on substituât à ce terme celui de « Commémorations ». A l’occasion de controverses sur le cas de Céline, Frédéric Mitterrand, votre prédécesseur, en décida ainsi. Ce changement aFiché, explicite, marquait en soi, aux yeux de tous les observateurs de bonne foi, le parti qui était pris par les pouvoirs publics. ïl s’agissait d’associer, dans les propositions qui leur seraient faites, d’une part l’hommage à des personnages et des événements qui justiIaient une Ierté collective et, d’autre part, le rappel d’épisodes ou d’acteurs ayant compté dans notre histoire tout en pouvant susciter rétrospectivement réserves, douleur ou indignation au regard des valeurs de la démocratie républicaine. Toute une sensibilité contemporaine ne nous encourage-t-elle pas à considérer avec lucidité les 2 « pages noires de notre histoire » ?
Pour reprendre l’ensemble des commémorations qui vous étaient proposées, le destin de notre pays associe le souvenir d’un Simon de Montfort à celui d’un René Cassin. Au sein de cette liste, établie à l’unanimité, la présence de Charles Maurras allait de soi, cette personnalité, ennemie de la République, ayant joué dans l’histoire de notre pays un rôle intellectuel et politique considérable, bien au-delà de sa famille de pensée. Ce point de vue, cohérent et mesuré, semble n’avoir pas été compris par une partie de l’opinion publique. La polémique qui s’en est suivie et la réaction qu’elle a entraînée de votre part nous portent à croire qu’à l’avenir de tels incidents risquent de se reproduire. Vous comprendrez que, dans ces conditions, nous ne puissions continuer à siéger avec, en permanence, la menace soit de la censure soit de l’autocensure. Nous vous présentons donc, madame la ministre, et non sans tristesse, notre démission du Haut-Comité des Commémorations Nationales. Ont signé, par ordre alphabétique :
Christian Amalvi, Marie-Laure Bernadac ,Gilles Cantagrel ,Nicole Garnier ,Claude Gauvard, Robert Halleux, Jean-Noël Jeanneney, Évelyne Lever ,Pascal Ory ,Jacques Perot.

 

 

  1. Tiens, le début dun rapprochement entre la République et la couronne? ;-)) Etrange tout de même comme commémoration « républicaine »?!

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'inscrire à la lettre d'informations hebdomadaire

Découvrez les nouveaux articles chaque mardi

Merci de votre inscription