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De la (dis) continuité de l’État

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Vu sur : La lettre de l’ASAF’, écrit par : Rédaction de l’ASAF
Nous sommes tentés de céder à la joie à la vue des promesses budgétaires du gouvernement pour la défense. Mais la prudence la plus extrême s’impose, car les promesses dans cette république ne sont habituellement pas tenues.

 

Le mardi 18 avril 2017, le président de la République, monsieur François Hollande, proche de la fin de son mandat et ayant annoncé officiellement qu’il renonçait à se représenter, présidait, parc André Citroën, à Paris, une curieuse cérémonie. Curieuse en effet, voire insolite car inclassable : ce n’était pas une inauguration, pas même la pose d’une première pierre ; il s’agissait de l’officialisation de la décision prise de construire en ce lieu un monument à la mémoire de tous les militaires français morts en opération extérieure depuis la fin de la guerre d’Algérie.
Une plaquette distribuée au public expliquait que tout était réglé. L’artiste était choisi et la maquette de son œuvre présentée. Le financement était assuré : un demi-million d’euros pour l’aménagement du jardin à la charge de la ville de Paris et un autre demi-million pour le monument proprement dit à la charge du budget de la Défense d’alors. Sur le site, une exposition déjà mise en place expliquait, sous forme de grands panneaux de couleur avec photos, l’origine et les étapes de la réalisation de ce projet qui, en l’état, devenait exécutable très rapidement.
Las ! Près d’un an plus tard, le comité national d’entente des associations patriotiques, soucieux du devenir du projet dont plus aucun écho ne parvenait à ses oreilles, a été obligé de constater que celui-ci était sérieusement ensablé. La nouvelle secrétaire d’État auprès du ministre des Armées a repris à son compte le dossier, mais une année, au cours de laquelle rien n’a bougé, a été perdue.
Dès lors, constatant que la continuité de l’État n’est pas assurée alors que, pour lui, seule une modique somme d’un demi-million d’euros est en jeu, comment avoir confiance dans l’annonce de la hausse vertigineuse des crédits consacrés à notre Défense telle qu’elle est prévue dans le projet de loi de programmation militaire, couvrant la période 2019-2025, adopté en Conseil des ministres le jeudi 8 févier 2018 ?
En effet, dans ce texte, il est prévu qu’entre 2019 et 2022, les crédits affectés au ministère des Armées croîtront de 1,7 Md € par an pour atteindre 41 Mds € hors pensions en 2022. Mais il est prévu également qu’en 2025, le budget sera porté à 50 Mds € atteignant ainsi à la fameuse barre des 2 % du PIB. Cependant, cet engagement volontariste est fortement nuancé puisque, ce même jeudi 8 février, le ministère des Armées a diffusé ce communiqué (extrait) : « Les ressources pour les armées 2024 et 2025 seront précisées lors d’une actualisation prévue en 2021, qui prendra en compte la situation macro-économique à cette date, dans l’objectif de porter l’effort national de défense à 2 % du PIB en 2025 ».
Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’écrire cela ressemble à une sorte de réflexe moral consistant à se pardonner à l’avance le fait, cela ne fait guère de doute, de ne pas pouvoir tenir parole demain. Car, il suffit de faire le calcul : passer de 41 Mds € en 2022 à 50 Mds € en 2025, signifie, sur trois ans, une augmentation annuelle de 3 Mds € du budget des Armées. Comment y croire quand, au prix de la démission d’un chef d’état-major des Armées, l’État n’a pas su trouver sur sa substance 850 M € pour, in fine, les retirer au budget des Armées. Plus encore que la nature précise des actions annoncées par l’État, c’est la persistance dans la durée de leur mise en œuvre, quelles que soient les échéances électorales ou les alternances, bref le respect de la continuité de l’action gouvernementale qui garantit, ou non, la confiance que le citoyen met en l’État.
La Rédaction de l’ASAF

 

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