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Coopération française,

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Grands travaux, et co-développement de l’Afrique de l’ouest et de la France

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Tout le monde discoure et personne ne le fait : pour lutter contre la misère, l’émigration de masse et le jihadisme il faut développer l’Afrique. Plus exactement la co-développer avec notre pays qui en a tant besoin lui aussi. Avant que la Chine ne nous éjecte complètement à son plus grand bénéfice, et pas forcément à celui de l’Afrique.
Or la France est de moins en moins intelligente en Afrique (et à Paris ou Bruxelles). Elle a délégué sa présence et remis des fonds importants à Bruxelles : son budget et ses projets pour la coopération ont fondu et parfois même un partie de ce budget autonome réduit est attribué à nos concurrents !
Or, parmi les grands objectifs d’infrastructures, voici que l’on parle et reparle du chemin de fer Dakar Bamako. Créé par Galliéni (un des vainqueurs de la Marne) dès la fin du XIX siècle, cet axe majeur de développement a beaucoup souffert. Et c’est la Chine qui, depuis 2015, ambitionne de restaurer cette voie où les trains ne circulent plus qu’à 20 km/h. Toutefois, trois difficultés viennent de figer l’implication de la Chine : le dérapage du budget initial (la Chine veut élargir la voie), l’abandon du tronçon malien (alors qu’historiquement et juridiquement les deux pays sont solidaires) et l’insécurité (assassinat, en décembre 2017 de cinq employés d’une société chinoise de télécommunication, dans la région de Tombouctou) . Certes Macky Sall a fait du rail, à un an de l’élection présidentielle, un argument de campagne.Mais les promesses de campagne…
La Chine propose aussi au Sénégal une autre ligne avec la Guinée, pour transférer les productions minières. Ainsi donc la Chine prend la place de la France. Et ce, sans bénéfice espéré pour l’Afrique promise à un nouveau genre de colonialisme, sans la moindre proximité humaniste. La France dont les savoir faire diplomatique, humain et sécuritaire, industriel et technique, géologique, minier,ferroviaire, sidérurgique est grand et reconnu a-t-elle renoncé à tout élan vers le futur commun du sud et du nord ? Si le rail Dakar Koulikouro (le port fluvial en aval de Bamako sur le Niger) est rénové un espoir de désenclaver le nord du Mali renaîtra pour les populations victimes du terrorisme et des gangs. Le nord Mali est plus étendu que la France…
Le ministre chargé du Développement ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, annonce depuis deux ans ses grands projets mais vient d’avouer que les fonds des deux pays sont insuffisants : » Dakar-Bamako, c’est 1 500 milliards de francs (2,3 milliards d’€) … Le Sénégal et le Mali sont toujours à la recherche d’investisseurs potentiels :«On ne peut, 130 ans après, faire la même chose que les Français. » Phrase ambiguë. Il devrait s’entendre avec le Président Macron. Or, contrairement au bon mot de Talleyrand on ne prolonge l’ambiguïté qu’à son détriment.Ce qui se vérifie ici.
Il est temps pour la France de se doter d’un grande politique industrielle des transports. Et, aussi, enfin, d’une vision pour le co-développement en Afrique. Le rail Dakar Bamako, en plein marasme, mais si utile au développement nécessaire de nos amis et voisins, peut devenir le prototype de ces renouveaux.

 

 

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