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EMMANUEL MACRON OU LA NAÏVE DÉRIVE ATLANTISTE

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COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD

 

Article du Réveil Français , écrit par : Jacques MYARD Maire de Maisons-Laffitte Membre Honoraire du Parlement Président du Cercle Nation et République

 

Le Président de la République vient d’effectuer une visite d’Etat aux Etats-Unis.
Ce genre de visite s’inscrit de manière tout à fait légitime dans les relations multiséculaires franco-américaines.Les Etats-Unis sont sans doute l’un des rares pays au monde avec lequel la France n’a jamais été en guerre. C’est à souligner…
Néanmoins cette visite d’Etat interpelle de multiples manières.
Au-delà des aspects surjoués – embrassades, étreintes, poignées de mains ostensibles – qui frisent le ridicule, il est impératif d’examiner ce qui résulte de cette visite de façon concrète.
Emmanuel Macron laissait clairement entendre que, s’il y a des désaccords entre Paris et Washington, il se faisait fort de faire changer d’avis le Président Trump.
Il avait déjà indiqué, il y a quelques semaines, au moment de l’affaire des frappes en Syrie qu’il avait convaincu le Président des Etats-Unis de maintenir des troupes dans ce pays. Il a été sèchement démenti 24 heures après par le Maison Blanche.
La réalité est simple, Emmanuel Macron le reconnaît dans sa conférence de presse du 25 avril : il n’a obtenu aucun changement de la politique de Washington sur l’accord de Paris relatif au climat, ou l’accord nucléaire avec l’Iran sur lequel le Président Trump doit se prononcer le 12 mai.
Pis encore, il a donné l’impression de s’être rallié à la position américaine pour lancer des négociations plus contraignantes pour l’Iran, y incluant le domaine balistique, ce qui a provoqué la colère immédiate de Téhéran qui dénonce l’unilatéralisme de Paris et de Washington.
La France ne va pas gagner en influence pour un règlement de paix au Proche et au Moyen-Orient.
Il convient aussi de relever le discours d’Emmanuel Macron en anglais devant le Congrès. C’est à se demander si dans son esprit, notre langue, dont il est le garant au regard de la Constitution, est indigne d’être utilisée à Washington alors qu’il n’a cessé de vanter et de louer la francophonie lors de son voyage en Afrique.
Renoncer à utiliser notre langue à l’étranger, dans ces moments solennels, est une belle contradiction et une faute au regard de la défense de nos intérêts diplomatiques, économiques et culturels.
Dans le passé, les Présidents de la République, sauf Valery Giscard d’Estaing, se sont tous exprimés dans notre langue devant le Congrès tout en prononçant, bien sûr, quelques mots en anglais, langue du pays hôte.
On se souvient du discours prononcé par le Général de Gaulle à Mexico en 1964 avec son célèbre «mano en la mano» sans qu’il oublie pour autant notre langue.
Devant le Congrès américain, en 1976, Valery Giscard d’Estaing s’est exprimé en anglais mais pour les archives et pour les Francophones, il a doublé son allocution en langue française de sa propre voix, ce que révèlent les archives de l’INA !
Il est piquant de relever que dans son discours, Emmanuel Macron prône la nécessité, dans l’ordre international, d’un « multilatéralisme fort » alors qu’il a rejoint l’action unilatérale de Washington tout récemment avec les frappes en Syrie.
Dans ces conditions, ce voyage est grandement illusoire ; c’est un échec pour Emmanuel Macron qui croyait pouvoir influencer la politique américaine au nom de la « relation spéciale » dont ii se targue avec le Président Trump. Il a joué les amateurs,
On doit également se poser une autre question : ce voyage avec ses illusions atlantistes n’est-il pas-une diversion de son échec en Europe où, après deux discours empreints de romantisme l’an passé – discours d’Athènes du 7 septembre et discours à la Sorbonne du 26 septembre -, après le discours au Parlement de Strasbourg du 17 avril dernier, Emmanuel Macron a réalisé que tout ce qu’il proposait pour l’Union Européenne ne suscite ni enthousiasme ni approbation chez nos partenaires européens. Ses propositions sont jugées comme une fuite en avant irréaliste, vouées à l’échec.
N’a-t-il pas voulu, en conséquence, reprendre la main en jouant la carte de l’atlantisme au nom de la France, voire de l’Union Européenne ? Peut-être, mais c’est un échec.

 

 

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