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Une fausse histoire du génocide a été écrite.

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Article du Réveil Français , écrit par : Bernard Lugan L’Afrique Réelle

 

Le président de la République va recevoir Paul Kagame, président « dictateur » du Rwanda . Les patriotes français sont surpris de voir reçu en grande pompe, celui qui n’a cessé d’accuser notre armée de complicité du génocide dont l’un des principaux fauteurs est en réalité Kagame lui même.
Bernard Lugan expert auprès du Tribunal pénal International, remettait les pendules à l’heure à l’occasion de la sortie de son livre:
« Depuis 1994, date du début du génocide, une fausse histoire de ce génocide a été écrite, une fausse histoire qui est l’histoire officielle. Cette histoire se résume de la manière suivante : des extrémistes hutus ont abattu leur propre président hutu afin de déclencher un génocide qui était programmé, afin d’éliminer les tutsis, pour se maintenir au pouvoir. Et c’est autour de cette idée, que depuis 20 ans, les uns et les autres écrivent. Et c’est autour de cette idée que s’est construite l’histoire officielle qui sert à légitimer l’actuel pouvoir rwandais. Or, cette histoire officielle est une histoire qui est totalement obsolète aujourd’hui. Il est bien évident que les journalistes ne le savent pas et ceux qui écrivent sur le Rwanda non plus.
J’ai eu la chance et le privilège d’être nommé expert auprès du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPRI), tribunal créé par le Conseil de sécurité de l’O.N.U. en 1995, afin de juger les responsables, les commanditaires, les acteurs principaux de ce génocide. Et je fus expert dans les principaux procès, notamment les procès militaires.
Ce tribunal a commencé à siéger en 1995. Il va terminer ses travaux l’année prochaine en 2015. On peut dire qu’il a quasiment terminé. Et pendant plus de dix ans, devant ce tribunal l’histoire officielle a totalement été remise en question. Pourquoi ? Parce que ce tribunal a siégé selon le principe anglo-saxon de la common law, dans lequel il n’y a pas de juge d’instruction qui en amont déblaie le dossier. L’instruction se fait à l’audience. Il y a l’accusation et il y a la défense. Et dans ces procès qui se sont déroulés, le procureur qui avait comme argumentaire l’argumentaire officiel du régime de Kigali est parti, et a dressé ses actes d’accusation, toujours selon le même principe : ce sont des Hutus qui ont abattu l’avion de leur président hutu car ils considéraient qu’il les avait trahis, et ils l’ont abattu de façon à créer l’irréversible, qui allait permettre de lancer le génocide qu’ils avaient programmés afin d’éliminer les Tusis. Et, face à cela, procès après procès, les défenses des accusés ont remis en question cette doxa officielle. Et moi j’étais l’expert dans une dizaine de ces procès, notamment les principaux procès. Et j’ai eu accès absolument à toutes les archives du TPIR.
Ces archives du TPIR, ce sont des dizaines de milliers de dossiers, des milliers d’heures d’enregistrement, des centaines de témoins, des dizaines d’experts, des tonnes de rapports, une masse considérable. Personne n’a fait le travail qu’a fait le TPIR. Il y a eu en permanence quatre chambres qui siégeaient, devant lesquelles il y avait la défense, l’accusation. Du côté du procureur, plusieurs membres de l’accusation, de la défense une dizaine d’avocats dans chacune de ces chambres. Ce qui fait qu’on est allé véritablement au fond des choses.
Et, on peut dire aujourd’hui, en se basant sur les travaux du TPIR, tout ce qui avait été dit auparavant, tout ce qui avait été affirmé auparavant concernant le génocide du Rwanda est faux. Et c’est ce que je démontre dans mon livre en reprenant les grandes idées, en remettant en perspective cette démonstration, et en montrant ce que nous savons maintenant du génocide du Rwanda qui est bien différent de ce qui continue à être dit dans les medias, et qui est affirmé par le régime du Rwanda. Car le régime du Rwanda tire toute sa légitimité du génocide.
Pourquoi les travaux du TPIR ont-ils permis de renverser les connaissances au sujet du génocide ?
Tout simplement parce que nous sommes allés au fond des choses. Au TPIR on affirmait que le génocide avait été programmé et pour mettre en avant la démonstration, la preuve de cette programmation, l’accusation et le régime de Kigali disaient oui ce génocide a été programmé pour plusieurs raisons :
(1) parce que les extrémistes hutus avaient créé des structures génocidaires. La première de ces structures génocidaires c’était la radio télévision des Mille Collines qui était la radio génocidaire et son fondateur Ferdinand Nahimana, que j’avais eu comme étudiant en 1973-76 au Rwanda, qui ensuite est devenu mon collègue à l’université puis mon doyen, avait été qualifié par Jean-Pierre Chrétien de Goebels du Rwanda. Donc le Goebels du Rwanda a créé la radio génocidaire.
(2) Il y avait une structure secrète qui s’appelait l’Akazu et qui était une petite cellule créée autour de l’entourage de la belle-famille du président Habyarimana et qui coordonnait le génocide.
(3) Troisième élément, ces génocidaires avaient prévu par un certain nombre d’organisations, de listes qu’ils avaient constituées, de tuer les Tutsis.
Donc, tout ceci existait. Or, tout cela a été enlevé, tout cela s’est dispersé, tout cela a été détruit devant le TPIR.
Par exemple : le premier procès emblématique, le procès de Ferdinand Nahimana qui était présenté par la presse et le régime de Kigali comme le procès du Goebels du Rwanda, la radio télévision des Mille Collines a été créée pour organiser le génocide. Et bien, jugement d’appel, Ferdinand Nahimana a été condamné à la prison, certes, mais pas pour génocide : il a été acquitté de cette accusation de programmation du génocide. Et le jugement est très clair, le jugement dit : la radio télévision des Milles Collines n’a pas été créée dans un but génocidaire avant la date du 8 avril.
Ensuite il y a eu des appels au génocide mais elle n’a pas été créée pour cela. Donc il y a un élément essentiel dès le départ dans la programmation du génocide qui disparaît.
Deuxième élément, le procès de ce celui qu’on a appelé monsieur Z, monsieur Protais Zigiranyirazo, qui était le beau-frère du président, le frère de l’épouse du président Habyarimana et qui était accusé d’être l’organisateur en sous-main du génocide parce qu’il aurait créé une cellule secrète qui s’appelait l’Akazu.
Or, devant la cour du TPIR, nous avons fait citer un certain nombre de témoins. Notamment deux anciens ministres de l’opposition au général Habyarimana, qui sont venus expliquer que c’est eux qui avaint inventé le terme « Akazu », c’est eux qui avaient créé le terme Akazu en 1991, dans le contexte interne de lutte politique au Rwanda, de façon à discréditer le président Habyarimana.
Et ce terme Akazu a été repris par l’accusation alors que l’Akazu n’a jamais existé. Monsieur Z Protais a été acquitté et mis en liberté.
Donc le premier pilier (du génocide) saute, la radio des Mille Collines, 2e pilier l’Akazu, troisième pilier, le procès de celui qu’on a appelé l’organisateur suprême du génocide, c’est-à-dire le colonel Bagosora, l’artisan principal, on le présentait comme l’homme qui avait organisé tout ce génocide. Et bien, il a été acquitté de tout cela. Certes il a été condamné à de la prison pour des arguties juridiques. Il a été condamné parce qu’on lui reproche de ne pas être intervenu sur une chaîne de commandement à laquelle il ne participait pas, et concernant des meurtres qui ont été commis par des hommes de base supposés être dans sa chaîne de commandement alors qu’il n’était plus militaire, il était à la retraite depuis deux ans.
Et le colonel Bagosora supposé être l’artisan du génocide, l’organisateur, l’architecte du génocide, a été acquitté par le TPIR de ce chef d’accusation. Donc les trois principaux chefs d’accusation montrant la préméditation sautent.
Et le tribunal d’Arusha, le TPIR n’a dans aucun procès pu mettre en évidence la préméditation: donc saute cette idée de préméditation.
Ce qui fait que toute l’explication du génocide est à reprendre. À partir du moment où il n’y a pas préméditation, c’est que ce génocide est spontané.
Alors pourquoi ce génocide a-t-il eu lieu et comment a-t-il eu lieu ?
C’est ce que j’explique dans mon livre.

 

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