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Italie : le peuple a gagné; mais que demande le peuple ?

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Henri Temple
Ne sachant pas comment définir le gouvernement Conte, cet objet politique non identifié (à Sciences-Po), les chroniqueurs ont provisoirement stabilisé leurs hésitations en désignant désormais sou le terme de »populisme » la ligne de ce gouvernement d’union nationale qui vient de prêter serment vendredi. C’est que Mattarella et Cottarelli (Président du conseil durant 48 h) redoutaient la grande manifestation de protestation promise par Di Maio à Rome ce 2 juin, jour de fête nationale…Le petit coup de force juridique de Mattarella a été vite balayé par la perspective d’une… »marche sur Rome ». En réalité le gouvernement a défilé hier sous les acclamations. Un gouvernement bel et bien dirigé par Giuseppe Conte, un  »inconnu ». Ironie des vainqueurs l’ancien ministre et patron des patrons italiens, Paolo Savona, contesté pour son europhobie, sera…ministre des affaires européennes…Il y a 4 mois ces chroniqueurs nous disaient que les mouvements extrêmes ne prendraient pas le pouvoir, puis il y a 3 mois qu’ils ne pourraient pas s’allier tant leurs programmes étaient différents. L »’extrême droite nationaliste du nord »(sic), s’est pourtant vite entendue avec le  »mouvements populiste anti-système »(sic) du sud : en quelques jours ils ont établi un premier programme commun de gouvernement, puis un autre; trouvé un président du conseil, établi une liste de ministres…Ébahissement collectif des oracles à deux lires qui, désormais, désignent sous le nom de  »gouvernement populiste » le phénomène.
Mais personne ne semble avoir eu l’honnêteté de lire le programme de gouvernement du deuxième pays manufacturier d’Europe (avant la France…) puissance exportatrice avec, en 2017, le record historique de 448 milliards d’euros d’exportations, soit une hausse de plus de 7 % sur un an (Les Échos 23/04/18). L’Italie est même en tête des pays européens pour les relocalisations industrielles: entre 2014 et 2017, l’Italie mène avec 32 entreprises (23 cas en France). Un léger protectionnisme du marché européen suffirait accentuerait le mouvement. Ou même une TVA sociale et des baisses d’impôt (à la Schröder). L’Italie était seulement malade de ses politiciens qui ont laissé l’extravagante et irresponsable incompétence de Bruxelles ravager leur société. Une dette qui atteint 130 % du PIB. Six millions d’étrangers dont 600 000 clandestins et… 6 millions d’Italiens tombés dans une grande pauvreté.
Dans ce programme de sursaut populaire, anti soumission, on a déjà pointé: le rapatriement rapide des immigrés illégalement présents sur le territoire national; le changement d’attitude à l’égard de l’islam (dont l’Italie a tant souffert du VIIe au XVIe siècle) et la lutte contre le terrorisme, l’affirmation de la défense de l’intérêt national italien dans l’Union européenne (difesa dell’interesse nazionale come primo punto del governo), et la détermination à revoir les principaux traités européens, outre les règles de la monnaie unique, du budget de la dette (rivedere i principali Trattati europei, non solo quelle che regolano la moneta unica) ; action en faveur système éducatif; meilleure autonomie des régions; lutte contre la corruption y compris dans le système judiciaire et policier; sur les Roms (regolamentazione dei campi rom e smantellamento di quelli abusivi); rétablissement des droits des retraités (abolizione della Legge Fornero); la mesure phare du M5S du revenu citoyen de 800 € (reddito di cittadinanza sul modello del reddito di autonomia previsto dalla Regione Lombardia che prevede fino a 800 euro mensili di sostegno alle famiglie in difficoltà), lié à la recherche de travail; plan de réduction de simplification de la pression fiscale; moralisation de la vie publique (conflitto di interessi per chi intende fare politica e candidarsi alle elezioni. Il sistema dovrebbe prendere spunto dal modello in vigore negli USA). Enfin tout en réaffirmant le maintien dans l’OTAN, la coalition annonce purement et simplement l’abolition unilatérale des sanctions économiques contre la Russie et l » apertura diretta di un dialogo con Mosca e il presidente Vladimir Putin per superare le ultime tensioni tra Occidente e Russia.
C’est là, à l’évidence, assez dire que ce gouvernement d’union nationale sera plus attentif aux souffrances des Italiens qu’à des règles bruxelloises entraînant chaque jour des conséquences de plus en plus stupides et nocives. Le système bruxellois, après le Brexit et l’hostilité croissante en Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Autriche, Espagne, Pays-Bas y survivra-t-il en l’état ? C’est bien improbable.

 

 

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