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Migrants : ITALIE 1 – MERKEL 0

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Un accord de dernière minute a été conclu, ce lundi 2 juillet en fin de soirée, entre la chancelière allemande et son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer en conflit ouvert sur la politique migratoire. Le Ministre confronté au risque de perdre les élections d’octobre en Bavière sous la pression d’un nouveau parti (social souverainiste, l’AfD), exigeait, sous menace de démission et de dislocation de la coalition gouvernementale, une plus grande fermeté aux frontières face aux demandeurs d’asile déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE et l’arrêt de l’immigration illégale : »Nous avons un accord clair sur la façon d’empêcher à l’avenir l’immigration illégale aux frontières entre l’Allemagne et l’Autriche », a déclaré Seehofer. Or ce dernier est aussi le président de la CSU, important parti membre de cette coalition branlante. Toutefois le troisième partenaire de la coalition (le parti social-démocrate, SPD) très nettement à gauche, doit encore dire s’il accepte cet accord. En attendant (combien de temps ?) Seehofer continuera à diriger le ministère fédéral de l’Intérieur.
L’accord d’hier soir prévoit qu’à l’avenir les demandeurs d’asile déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE arrivant en Allemagne seront conduits dans des « centres de transit » situés à la frontière, et non plus répartis dans des foyers sur l’ensemble du pays. Ces réfugiés se pressent souvent la frontière bavaro- autrichienne que le Länder aurait pu fermer proprio motu. Ceci aurait créé une très grave crise politique en Allemagne car la Bavière, royaume annexé au Reich en 1871, est toujours irrédentiste face à la Prusse (Merkel est prussienne).
Une fois les dossiers des migrants examinés, ils seront depuis ces centres, où ils seront obligatoirement tenus de rester, renvoyés dans les pays de l’UE d’où ils viennent. Ou dans leur pays s’ils sont clandestins et sans titre à demeurer en Allemagne. Toutefois ces retours devront être organisés dans le cadre d’accords administratifs conclus avec les pays concernés. L’Italie qui est une des principales route d’immigration aura son mot à dire : en fait elle est maître du jeu. Mais cela on les savait depuis quelques semaines : les questions nationales ont pris le pas sur toutes autres considérations bruxelloïdes.
Or l’Italie souhaite externaliser complètement le contrôle des migrants dans les pays de transit comme le Maroc, la Tunisie, la Libye, la Turquie; ou, mieux, dans les pays de départ. On remarquera que les pays de transit on laissé prospérer le trafic d’êtres humains alors que l’abandon de navire est un délit pénal et surtout que les états sont responsables, selon plusieurs conventions internationales, du contrôle de la légalité et de la sécurité des conditions de transport des passagers venant de leurs rivages. L’Algérie et l’Égypte s’y efforcent. Pas les autres pays. Le Maroc et la Libye viennent de se déclarer hostiles à des centres de transit sur leurs sols (la jungle de Calais ne les y encourage guère). Mais si l »Italie – et d’autres nations concernées – décidait de réaliser ce contrôle à la limite (22 km) des eaux nationales des pays qui n’appliquent pas le droit international, elle serait juridiquement fondée à la faire et elle tarirait cet insupportable trafic.
Restera alors à identifier et à traiter les causes : les guerres, la surpopulation et le sous développement du Sud. Mais il faudra, pour cela, des hommes et femmes politiques d’une autre étoffe intellectuelle et morale que ceux qui nous dirigent.

 

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