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Brexit, crise italienne :

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soudain on comprit pourquoi les jours du système bruxellois sont comptés…

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple, ex professeur de droit économique à l’Université de Montpellier, expert international, avocat Philosophe

 

Dans son excellente lettre bihebdomadaire en ligne d’analyse géopolitique (La lettre de Léosthène, 20/07/18), Hélène Nouaille, se penche sur les récents spasmes politiques britanniques issus du Brexit. Elle décrit les convulsions parlementaires du Royaume Uni, où l’on voit des Conservateurs européistes la lâcher et des Travaillistes souverainistes l’appuyer. Ce qui corrobore ce qui se passe aussi sous les cieux italiens, et qui tente désormais bien d’autres nations.
Mais elle repère également, de par le monde, les interprétations prédictives que donnent du Brexit les grandes puissances. Il y a la Chine dont le modèle hyper-centralisé se reconnaît dans celui du Traité de Lisbonne, et qui est aussi avide de profiter des failles frontalières sottement ouvertes par Bruxelles pour vendre ses produits en Europe et acheter nos ports, aéroports, et les entreprises qu’elle a ruinées. L’hebdomadaire Valeurs actuelles de la semaine dernière consacrait un article sévère aux complices de sa stratégie, tel le très eurolâtre et sinolâtre Raffarin. Mme Nouaille cite les médias chinois pour qui la Chine préfère  »une Europe forte et impliquée dans l’économie mondiale ». On voit bien pourquoi, d’autant que Bruxelles – qui n’a rien compris au changement de paradigmes en cours – semble pouvoir être une alliée contre le démantèlement du libre échangisme mondial (et non pas le commerce mondial comme on le lit parfois sous des plumes superficielles) entrepris par les USA (et pas seulement par son nouveau président).
Mais il y a aussi les positions des autres géants : les USA et la Russie. Là aussi les positions exprimées sont conformes à la fois à la philosophie politique et aux intérêts de ces puissances. D. Trump et V.Poutine sont des patriotes qui défendent les intérêts de leurs pays respectifs, et disent haut et fort que tout pays est légitime à le faire. Et qui, de façon virile, tentent d’affaiblir l’Europe , qui n’est pas une ennemie mais une concurrente; en tout cas plus guère un partenaire important.
M.Poutine, toujours cité par la Lettre de Léosthène déclarait le 24 juin 2016 lors du sommet de l’Organisation coopération de Shanghai,  » le Brexit finira par avoir des conséquences pour le Royaume-Uni, pour l’Europe en général, et pour nous (…). Les conséquences auront un caractère mondial inévitable  ». Son intuition, si fine, précédait l’irruption tonitruante de M. Trump qui dans le même sens déclarait pendant sa campagne de passage en Écosse, expliquait sur le Brexit (sa mère est Écossaise) : les gens  »veulent avoir à nouveau un pays. Vous allez donc voir cela se produire de plus en plus. Je le pense vraiment, et c’est ce qui arrive aux États-Unis. (…). Oui, je vois vraiment un parallèle entre ce qui se passe aux États-Unis et ce qui arrive ici  ». Pas étonnant que MM. Poutine et Trump se soient si longuement entretenus à huis clos à Copenhague il y a quelques jours : ce monde nouveau mérite toute leur attention mais, jusqu’à présent, les séquelles des élections américaines, entretenues par les lobbys proches des Clinton, avaient empêché cette réunion. Après avoir tout réussi jusqu’à présent, M. Trump prépare les élections de mi-mandat en novembre : le temps presse et il veut réussir une sensationnelle pacification de l’Europe comme il a entrepris, avec un étonnant génie politique et succès, le rapprochement des deux Corées. Affaiblissant ainsi la géostratégie chinoise. En réalité il veut réduire les sommes gigantesques que les USA dépensent dans les frais improductifs de fonctionnement d’une armée dispersée partout sur la planète, et relancer ainsi la recherche et la modernisation des équipements militaires.
Alors, dans ce contexte, comment les Européens interprètent-ils eux mêmes l’échéance du Brexit (printemps 2019) ? Le Monde (16 juillet) croit pouvoir vaticiner que  » L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord ». Mais c’est une lecture eurocratique du phénomène en cours, ce qui est absurde, car il est vain de vouloir décoder un tel événement à l’aide des paradigmes dont les électeurs britannique ont précisément voulu se libérer. Ce que souligne parfaitement aussi Mme Nouaille dans sa même lettre :  » Le malentendu est très profond entre des Britanniques qui se soucient de politique, de gouverner en respectant la volonté générale exprimée dans les urnes, et Bruxelles qui s’occupe de gouvernance – un idéal normatif de gestion. « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens (sic !) », confiait Jean-Claude Juncker au Figaro, le 29 janvier 2015 en résumant de manière saisissante la nature de l’UE. Qui touche ici ses limites ». On ne saurait mieux dire.
En conclusion : le système bruxellois est profondément anti européen. L’Europe vraie, des démocraties, des peuples et des intérêts nationaux bien compris, a, de facto (voire de jure) aboli cette usine à gaz. Par le Royaume-Uni et, à présent, par l’Italie. La nouvelle Europe perce sous les décisions en apparence décousues qui émergent ici et là : sur les migrants, sur l’Ukraine et la Russie, sur les ineptes carcans budgétaires, et face au néo protectionnisme US. Bruxelles a été incapable de penser une défense européenne crédible et indépendante. Or la collaboration entre les Britanniques et la France en matière de Défense ne semble pas devoir être affectée par le Brexit – bien au contraire – , selon le Times (cité par Courrier International). Une question existentielle, disait Mme May en janvier 2017 : si le Brexit doit « rétablir, à notre sens, notre démocratie parlementaire et notre autodétermination nationale – un vote pour prendre le contrôle et prendre des décisions pour nous-mêmes », la sécurité de son pays est liée à celle du continent européen. Son ministre de la Défense de l’époque, Michael Fallon, confirmait en juin 2017 souhaiter  » par-dessus tout, intensifier (sa) relation avec la France », plus encore trouver avec elle une « entente supérieure à l’entente cordiale » (Léosthène n° 1171/2017, le 21 janvier 2017, Un vrai Brexit, hors la Défense). Parce que les « principes de sécurité européenne demeurent ». Et que « l’histoire a montré que l’isolement n’est pas une option et que notre sécurité est fondamentalement liée au continent ».
Bruxelles est morte ! Vive l’Europe ! A repenser, et à aimer à nouveau.

 

 

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