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BILLET D’ AMOURS EUROPÉENNES :  » T’AR TA GUEULE À LA RÉCRÉ « 

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Article du Réveil Français , écrit par : de Jacques MYARD Membre Honoraire du Parlement Maire de Maisons-Laffitte Président du Cercle Nation et République

 

L’Europe est depuis toujours un processus plein de surprises, qui nous laisse parfois pantois, voire abasourdis. Tel est le cas lorsque l’on tombe sur les échanges acidulés entre Viktor Orban, Premier ministre hongrois, et Emmanuel Macron, Président de la République.
Rappelons les faits : Viktor Orban rend visite à Matteo Salvini à Rome le 28 août dernier et, sans doute encouragé par les vues communes qu’il partage avec le ministre italien de la Ligue sur la question des migrants, il désigne alors le Président français comme  » le chef du parti des pro-migrants  » en Europe.
Emmanuel Macron, piqué au vif,se considérant visiblement insulté, rétorque dès le lendemain : « S’ils ont vu en ma personne leur opposant principal, ils ont raison « , faisant ici monter de plusieurs crans la crise qui secoue l’Europe sur la question des migrants mais valorisant, par la même occasion, aux yeux de leur opinion publique, la position de la Hongrie et de l’Italie qui osent tenir tête à un « grand » de l’Europe.
La réalité saute aux yeux : que le Président Macron soit en désaccord avec les positions de V.Orban et M. Salvini n’est pas en soi une surprise et correspond à la position française établie par Hollande et les socialistes, mais l’art de la diplomatie, en Europe surtout, n’est pas de verser de l’huile sur le feu par des propos cinglants qui font penser à ces potaches qui se narguent et s’invectivent :  » T’ar ta gueule à la récré ! « 
Jacques Chirac insulté parfois sur les marchés, répondait imperturbablement :  » Moi, c’est Jacques Chirac  » , et passait son chemin… sans autres formes de procès.
A l’évidence, Emmanuel Macron est incapable de comprendre que la vision de l’Europe qu’il souhaite – approfondir toujours plus la construction européenne – est une conception des années soixante qui est largement rejetée non seulement en Europe de l’Est mais aussi en France et même en Allemagne.
De plus, il met en avant une conception moralisante de l’Europe qui est bien loin des réalités; à ce titre est-il judicieux pour surmonter la crise d’accuser d’illibéralisme publiquement et à longueur de temps la Hongrie et la Pologne, dont les conceptions sur la justice interpellent notre propre conception ?
Est-il judicieux – comme le pensent certains, notamment à Bruxelles et aussi à Paris – d’envisager de prendre des sanctions contre ces Etats qui ne respecteraient pas les valeurs de l’Union européenne définies à l’article 2 duTraité sur l’Union européenne ?
En application de l’article 7 du traité susvisé, le Conseil européen à l’unanimité sur proposition d’un tiers des Etats membres ou de la Commission après approbation du Parlement peut constater l’existence d’une violation grave et persistante par un Etat des valeurs visées à l’article 2.
Ces sanctions peuvent aller jusqu’à la suspension des droits de vote au sein du Conseil. Il est manifeste que si une telle procédure est mise en oeuvre, on aura une crise majeure dont l’Union européenne ne se relèvera pas !
Est-il judicieux d’opposer les « progressistes »qu’Emmanuel Macron prétend incarner aux « souverainistes » qu’il qualifie de nationalistes et dont il dénonce de façon insultante  » la lèpre populiste  » alors que le souverainisme n’est pas le repli sur soi mais une autre forme d’organisation de l’Europe fondée sur les Etats-Nations ?
La France se pose en défenderesse de la démocratie libérale, mais elle ne doit pas oublier que la démocratie est en crise; elle est ,en effet, désormais synonyme pour beaucoup de nos concitoyens de laxisme et d’inefficacité face aux défis internes – la sécurité – et externes comme les flux migratoires.
Dès lors, s’ériger en permanence en défenseur de la démocratie apparaît à tort ou à raison comme une volonté moralisatrice de donneurs de leçons :  » je suis un démocrate et je détiens la vérité « , mais en l’occurence le fondement de la démocratie, c’est d’abord le suffrage universel, et ces gouvernements qui sont qualifiés de nationalistes sont eux-aussi issus du suffrage universel tout comme ceux qui se disent progressistes !
Certes, un régime démocratique est un régime qui est fondé sur la séparation des pouvoirs et le respect des oppositions, ainsi que sur l’indépendance de l’autorité judiciaire. Sur ce point, précis on peut s’interroger sur certaines dispositions des récentes lois adoptées en Pologne et en Hongrie.
Mais que dire de la révision constitutionnelle d’Emmanuel Macron qui encadre singulièrement le droit d’amendement des députés qui ne peut être exercé qu’en commission – du jamais vu -, qui affaiblit les députés en limitant le nombre de mandats, augmente la taille des circonscriptions – ce qui les empêche de se faire connaître physiquement de leurs électeurs et détruit le lien de proximité entre le député et ses électeurs ?
En réalité, Emmanuel Macron est en train de casser la démocratie représentative parlementaire au profit de la technocratie dont il est issu !
Ses leçons de démocratie et de progressisme sonnent faux, elles sont perçues comme de la pure arrogance et ne font qu’aggraver les relations avec nos partenaires européens !
Il existe une collection de livres intitulée  » Pour les Nuls « ; les afficionados de Jupiter pourraient lui offrir un ouvrage de ce type, il en existe un pour la diplomatie.
Cela évitera nombre de crispations qui enveniment les crises européennes !

 

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