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CHANGEMENT DE PARADIGME

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POUR UNE NOUVELLE EUROPE FONDEE SUR LES REALITES HUMAINES ET SUR DES RELATIONS SOUVERAINES DE COOPERATION

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri TEMPLE (France), universitaire, avocat, philosophe

 

Ce texte d’une grande importance a été publié en Russie et en russe sur le thème (tiré de la conférence d’Henri Temple à Yalta en 2015) des nations comme fondement intellectuel, moral, psycho-sociologique, économique, démocratique et diplomatique de l’architecture du monde.
Ayant disparu de nos archives , et gardant une très certaine actualité, il est à nouveau à la disposition du public
Le Réveil Français
Avertissement
Ma présence ici est celle d’un philosophe et juriste, ami de l’espèce humaine et navré de ce que, 70 ans après, l’Europe ait encore connu des guerres, en ex –Yougoslavie, et à présent en Ukraine. Il y a d’ailleurs des analogies entre les deux cas. Ne fut-ce que par la mort inutile de civils innocents et d’enfants. Cela nous ne devons jamais le tolérer.
Je suis un européen, et partout chez moi en Europe : je n’ai pas à attendre d’approbation ou de désapprobation de quiconque, surtout pas de la part de ceux qui n’ont cessé de mettre de l’huile sur le feu, depuis Bruxelles ou Washington. L’Europe est aux Européens et la Russie en fait partie, pour l’essentiel de son territoire historique
Mais cela ne signifie pas que j’approuve forcément tout ce qui se fait en Ukraine que ce soit d’un côté, bien sûr, mais même aussi de l’autre. Nous devons, nous, peuples d’Europe, en toute souveraineté et respect, nous dire les choses, et jeter les bases d’une nouvelle coopération dont nous aurons choisi et garanti toutes les dimensions.
Enfin -et je pèse chaque mot- je pense que les titres de la Russie sur la Crimée sont sérieux et anciens : indo européenne pendant des millénaires, rattachée de force à l’empire ottoman pendant 3 siècles, reconquise au XVIIIème siècle, noyée dans l’espace administratif soviétique où les frontières et les rattachements avaient peu d’importance politique, elle s’est trouvée, lors du ressac le l’URSS liée pendant quelques années à l’Ukraine. Peuplée à 70 % de gens qui furent russes ou russophones pendant deux siècles, si la méthode employée lors de son retour à la Russie a pu surprendre juridiquement, elle devrait être historiquement comprise.
Mais voici, à présent, ce que je suis venu vous dire sur l’accord de Yalta et sur l ‘avenir de l’Europe.
*
1 Le monde de 1945 et ses dangers n’existent plus
2 Le monde actuel et ses dangers n’existaient pas en 1945
3 Le monde et l’Europe nouvelle attendent des solutions adaptées au temps qui vient
4 Éléments pour un nouveau paradigme
1 Le monde de 1945 et ses dangers n’existent plus
Si le monde de Yalta a tenu jusqu’en 1993, c’est artificiellement :de façon politique et militaire, et en aucun cas sur des bases humaines et nationales.
D’ailleurs, dès février 1945, ce que l’on a appelé le « partage du monde » était déjà inacceptable pour la France libre du Général de Gaulle, absente de Yalta au moment même où elle venait de rejoindre de façon décisive la bataille contre le nazisme avec ceux qui deviendront les Maréchaux Leclerc et De Lattre, perçant le front allemand jusqu’à Stuttgart.
Le rideau de fer, la Guerre froide ont disparu. Disparus l’URSS, le Pacte de Varsovie, ce qui fait apparaître l’OTAN comme l’anomalie qu’elle est. Disparus les régimes nazis et fascistes. Et les régimes communistes.
Et depuis 1945, la moitié de la planète s’est décolonisée, de l’Afrique au Moyen Orient, à l’Asie, aux Indes, au Pacifique…L’URSS y a pris sa part.
2 Le monde actuel et ses dangers n’existaient pas en 1945
2.1 De nouveaux géants sont apparus, encore fragiles, mais concurrençant peu à peu les anciennes super puissances: la Chine, l’Inde, le Brésil…Peut être demain l’Afrique ?
Et l’Europe de l’Ouest a fini par se proposer à elle même une construction économique et politique. Pas encore militaire. Mais cette construction technocratique et comptable fait l’objet de critiques de plus en plus acerbes ; et même, à présent de remise en cause (Grèce, Espagne, Italie, France, Royaume Uni…et jusqu’en Allemagne). Sa dépendance de la Finance internationale, de l’OTAN, de l’OMC sont un problème récurrent. LE problème.
2.2 Mais surtout voici que surgissent aussi des dangers nouveaux, physiques, que l’on n’imaginait pas en 1945 :
– la surpopulation pour une planète passée de 1 milliard d’êtres humains en 1910 à 2,2 milliards en 1945 et à 7,2 milliards en 2015.
– les migrations de masse qui, déstabilisant les nations de départ comme celles d’arrivée et génèrent des drames,
– la pollution corrélative à cette masse inouïe d’hommes et aux nouveaux procédés industriels ou agricoles,
– l’urbanisation exponentielle qui détruit les terres et les liens sociaux, et le réchauffement climatique,
– L’épuisement de ressources naturelles, du sous sol, de la mer, l’eau.
2.3 Pire encore, voici des dangers moraux qui menacent l’Humanité dans son essence :
– Le terrorisme islamiste, et les tentations extrémistes
– La finance apatride, la spéculation cynique de la finance ou du commerce qui se sont affranchis des nations et du bien commun humain,
– Le chômage, mais aussi, au contraire, les fortunes insolentes et infondées,
– L’immoralité et les trafics de toute sortes, la drogue, la corruption,
– La réduction des règles démocratiques, comme cela fut le cas deux fois à l’ouest, quand, malgré le referendum qui l’avait rejetée, la prétendue «Constitution européenne» fut quand même imposée en 2008 aux peuples d’Europe ; puis quand il fut interdit aux Grecs, en 2011, de se prononcer par referendum sue l’Euro…
NB : Un seul un danger existait et existe encore en 2015 : la volonté de domination des USA et de l’OTAN
3 Le monde et l’Europe nouvelle, à construire, attendent des solutions adaptées au temps qui vient.
Peut être est ce aujourd’hui, à Yalta, en février 2015, que se feront jour des idées et des élans nouveaux pour pacifier les relations dans la grande et vieille famille européenne, de culture chrétienne. L’Europe a tant apporté au monde : la philosophie, de somptueuses littérature, musique, des arts picturaux et sculpturaux magnifiques, les sciences et les techniques, les valeurs morales, humanistes et sociales. Serait-elle, cette Europe, incapable, à présent, de décider seule de son destin, sans ingérence étrangère, sans concession et sans orgueil excessifs? Serons-nous capables d’être les hommes et les femmes d‘Europe qui portons l’héritage de tous ces créateurs, ces bienfaiteurs, ces génies universels ?
3.1 Les solutions à notre crise actuelle seront nécessairement philosophiques, pacifiques, souveraines, indépendantes, démocratiques.
Il faudra respecter les nations, leur aspiration à être elles mêmes, dans leur langue, leur histoire, leur territoire et leur sensibilité particulière et consensuelle.
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sera la base philosophique de toute solution que ce soit en Ukraine ou partout ailleurs. Car comme le disait John Stuart Mill au sujet du « sentiment de nationalité » : « il y a un droit souverain de chercher avec qui s’associer en nation …/…pour unir tous les membres de la même nationalité sous le même gouvernement […ce qui] revient à dire que la question du gouvernement devrait être décidée par les gouvernés… »
3.2 La non ingérence sera un deuxième pilier de l’Europe nouvelle.
L’OTAN a joué un jeu malsain place Maïdan, et infliger des sanctions à la Russie est une perversion qui a pour objet et pour effet de prolonger une crise qui ne rapporte rien aux Européens de l’Ouest ni à ceux de l’Est. Et au contraire les divise artificiellement. Pour régner. Car ce chaos, comme l’idée de faire entrer les Turcs dans l’UE, comme la crise de l’ex Yougoslavie, affaiblit ce concurrent redoutable que serait une Europe qui coopèrerait avec elle-même.
4 Éléments pour un nouveau paradigme
4.1 L’objectif suprême sont la paix et la liberté démocratique des peuples et des nations. Cela implique que l’on n’érigera pas en dogme l‘intangibilité des frontières lorsque ces dernières séparent des nations ou, au contraire les associent de force. La nation est plus importante que l’État qui n’en est que le vêtement politique.
Aucun être humain ne devrait avoir à souffrir en sa nation, y compris si cette nation est submergée par des flots migratoires.
4.2 L’objectif ultime de notre démarche devrait être, comme dans les rêves des philosophes grecs qui vinrent peut être visiter la Crimée, de permettre à l’être humain européen, débarrassé enfin des stress politiques ou économiques artificiels, ou évitables, de retrouver les chemins du bonheur. En s’accomplissant dans la compréhension du monde magnifique dont il est dépositaire. Car connaître c’est vivre dans la vérité (Spinoza) et la Vérité nous libérera (Saint Jean). Et il n’est pas de bonheur sans liberté. Nous devons échapper aux idéologies et aux calculs politiques hérités d’un passé mort, que l’on voudrait tenter de perpétuer pour des projets de domination perverse et de spéculation financière. Comme le disait l’écrivain français Romain Rolland * « il n’y a qu’un héroïsme au monde ; c’est de voir le monde tel qu’il est et de l’aimer ». Alors aimons le.
* Grand admirateur et biographe de Tolstoï. A la gare d’Astapovo Tolstoï mourut en répétant : « Il y a sur terre des millions d’hommes qui souffrent ; pourquoi êtes-vous là tous à vous occuper du seul Léon Tolstoï ? ».
Il y a en Ukraine des enfants qui souffrent, pourquoi ne serions-nous là tous qu’à nous occuper du seul vieux traité de Yalta ?

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