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La Vème République : une constitution jeune et pleine d’entrain !

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Article du Réveil Français , écrit par : Jacques MYARD Membre Honoraire du Parlement Maire de Maisons-Laffitte Président du Cercle Nation et République

 

Nous célébrons aujourd’hui le soixantième anniversaire de la Constitution de la Vème République, c’est une jeunette comparée aux constitutions américaine ou suisse.
On trouvera toujours des politiques adeptes des propos du café du commerce pour clamer qu’il faut prendre sa retraite à soixante ans au mépris des réalités démographiques et proposer que l’on enterre la Vème pour passer à la VIème République.
Leur critique est basique : l’actuelle Constitution serait d’une nature monarchique en raison de l’élection au suffrage universel direct du Président de la République qui lui donnerait ainsi des pouvoirs excessifs sans pouvoir être contrôlés .
En réalité paradoxalement, ces critiques illustrent de la part de leurs auteurs leur aversion pour la démocratie représentative, habités par l’esprit des potaches « anars » de 1968 où le pouvoir doit être remis en cause de façon permanente. Comme si la gestion publique pouvait se faire à travers ces assemblées générales étudiantes sans agenda et proclamant la remise en cause permanente des décisions précédentes .
La force de la Vème République est justement de permettre la stabilité institutionnelle du gouvernement à travers l’élection du Président de la République dont la légitimité est donnée par le peuple.
C’est là un acquis fort. Il est vrai, la constitution a permis à des présidents faibles de se maintenir en fonction; elle a fonctionné comme une sorte de minerve cervicale qui a maintenu droite la tête présidentielle qui vacillait sous les coups politiques : François Hollande en est l’exemple et Emmanuel Macron va en bénéficier très rapidement.
Face à ce constat les critiques redoublent : pourquoi garder des présidents incompétents ou qui se comportent de façon autoritaire et atteint d’hubris ?
C’est oublier que la Vème République est aussi une démocratie parlementaire, certes le système ne peut pas fonctionner si le Parlement et plus singulièrement l’Assemblée nationale est dans une posture de conflit permanent avec le Président et son gouvernement.
Si tel est le cas, on est dans une crise de régime qui se terminera par une dissolution, des élections, et de deux choses l’une: le Président a une majorité ou ne l’a pas et devra partir !
Mais sans aller aussi loin dans cette voie d’opposition entre le Parlement et l’exécutif, c’est l’honneur du député de penser et d’agir par lui même !
En réalité la crise de la Vème République, s’il y a une crise, c’est la crise du Parlement plus exactement des députés qui se considèrent aux ordres de l’exécutif.
On a souvent fait griefs aux députés gaullistes d’être des « godillots » Voilà une contre-vérité historique car les députés de la majorité bataillaient et souvent imposaient leurs points de vues .
Personnellement je suis souvent monté à la tribune pour défendre par exemple le septennat contre le quinquennat , dire non au protocole de Londres sur les brevets qui fait la part belle à la langue anglaise ou refuser le Traité constitutionnel européen voire la modification de la constitution voulue par Nicolas Sarkozy .
Le problème aujourd’hui réside dans le fait que les députés hologramme de Macron siègent à l’Assemblée en n’ayant pour légitimité réelle que d’avoir été choisis par Jupiter.
A ce titre, le projet de réforme de la Constitution d’Emmanuel Macron a pour objectif essentiel de renforcer la tutelle du Président sur les Parlementaires avec l’introduction d’une dose de proportionnelle, la baisse du nombre des députés élus dans des circonscriptions qui vont doubler d’importance, la réduction du nombre des mandats et du droit d’amendement !
C’est un retour en arrière de la démocratie représentative impardonnable, qu’il convient d’expliquer sans relâche à nos concitoyens, qui ne doivent pas tomber dans le panneau des démagogues.
Notre Constitution est un atout pour la République et ne doit pas être dévoyée par des députés qui ne font pas leur travail.
Il convient de rappeler Jupiter aux réalités du quotidien loin de l’Olympe.
Gardons à l’esprit le conseil de Montesquieu  » Ne toucher aux lois que d’une main tremblante « .
Notre Constitution nous a donné 60 années de stabilité politique, elle a résisté à tous les a-coups. ne jouons pas les apprentis sorciers !
Ne jetons pas aux orties cette minerve constitutionnelle garante de nos institutions !

 

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