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Qui dit la vérité économique : Bruxelles ou Rome ?

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri TEMPLE (France), universitaire, avocat, philosophe

 

Moody’s Investors Service a annoncé, le 19 octobre, avoir abaissé la note souveraine de l’Italie (note attribuée à sa dette à long terme) pour la ramener de Baa2 à Baa3 (un échelon seulement au-dessus de la catégorie  »spéculative », « junk » ou  »non investment »). La prétendue  »agence » Moody’s est, en réalité, une société à but lucratif d’estimation des risques économiques qui travaille pour les banques. Cette société dit voir une dégradation des perspectives de déficit et l’arrêt des  »réformes structurelles ».  »Les projets de mesures budgétaires et économiques du gouvernement ne constituent pas un agenda cohérent de réformes (sic) qui [résoudra] les problèmes de croissance décevante ». Moody’s explique sa décision par « une dégradation marquée de la solidité budgétaire de l’Italie, avec des objectifs gouvernementaux de déficits budgétaires pour les années à venir supérieurs à ce que Moody’s prévoyait auparavant » et par « les conséquences défavorables pour la croissance à moyen terme de l’arrêt des projets de réformes économiques et budgétaires structurelles ». Les agents de la finance – et Bruxelles – évoquent sans cesse le concept de  »réforme structurelle ». En réalité pour eux il s’agit seulement des mesures budgétaires d’augmentation des impôts et de réduction des dépenses, des investissements publics et des prestations sociales. Ils confondent donc, volontairement, la structure du budget et celle de l’économie. On nous explique que la dette de l’état italien est de 132% de son PIB et qu’il faut donc la réduire. Soit. On observera au passage que le ratio de la dette de la Chine à son PIB est lui de 300% ! Mais aucun maître d’école ne vient menacer de la punir. Or le 24 octobre Bruxelles a refusé le budget italien. Une première dangereuse.
Une réflexion simple conduit, quand on a deux valeurs, celle du PIB et celle de la dette de 132 % (la France dépasse désormais les 100%), à poser deux questions rationnelles :
-Ce ratio est-il grave ? En quoi ? Pour qui ?
-La resserrement budgétaire est-il bien le seul moyen de corriger cet éventuel défaut ?
A la première question on répondra qu’il n’est certes pas souhaitable, pour pouvoir préserver l’action de l’état, que trop d’argent serve à payer des intérêts. Ainsi en France c’est la totalité du douloureux impôt sur le revenu qui est consacré au paiement des intérêts de la dette. Mais en réalité une dette publique trop lourde est dangereuse surtout pour les créanciers qui risquent de ne pas recouvrer leurs créances (défaut). Et le système est totalement pervers sous au moins deux angles : les banques prêtent le plus souvent de l’argent qu’elles n’ont pas; c’est l »émission monétaire (jeux d’écritures) par les banques : de la fausse monnaie (Maurice Allais). Et plus la situation budgétaire d’un pays se dégrade, plus sa notation par les  »agences » se dégrade, et plus les intérêts augmentent : le créancier tue son débiteur !
Sur la deuxième question. Il existe, à l’évidence, un moyen bien meilleur que le resserrement budgétaire pour améliorer et conforter la situation économique et sociale d’une nation : c’est l’augmentation du PIB. Ainsi non seulement il y a rééquilibrage mécanique du ratio dette/PIB mais aussi augmentation de l’assiette imposable et donc des rentrées fiscales ce qui réduit le déficit budgétaire, autre sujet de préoccupation puisque cela contribue à augmenter la dette. Les Italiens ont choisi une telle politique globale, de relance. Intelligente, humaine et respectueuse des engagements électoraux.
Bruxelles préfère s’aligner sur les critères de la finance. Rappelons qu’en 1931 Moody’s (déjà) abaissa la note de la Grèce ce qui la déstabilisa : il y eut des émeutes graves, en 1936, le général Metaxas prit le pouvoir par un coup d’État, puis en 1940, Mussolini envahit militairement la Grèce. En 2007 les  »agences » furent accusées du gonflement de la bulle puis de son éclatement. Début août 2016 Moody’s portait un jugement (!) sur les programmes de D.Trump et de H. Clinton :  »Alors que le programme de la démocrate permettrait la création d’emplois, celui de son rival entraînerait des destructions en masse, et une fragilisation de l’économie américaine ». Qui ment et qui dit la vérité ?

 

 

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