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Bruxelles est mort, Vive l’Europe !

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Budget italien et Gilets jaunes : le compte à rebours est enclenché

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple , universitaire, avocat, philosophe

 

Le journal suisse Le Temps, même s’il est pro système, a bien compris la portée économique du rejet du budget italien et en a anticipé les conséquences politiques lorsqu’il titre :  »Derrière le budget italien, la lutte politique contre l’Europe », et sous titre :  » Le gouvernement d’extrême droite et antisystème s’attendait au rejet par Bruxelles de son projet de budget. Cette décision renforce la Ligue et le Mouvement 5 étoiles au pouvoir ».
Bruxelles vient, mercredi 21 novembre, de rejeter à nouveau le projet de budget italien pour 2019. C’est le délégué d’un des plus petits pays d’Europe (Lettonie), entré dans l’euro en 2014, sous perfusion européenne, qui humilie l’Italie (60 millions d’habitants, deuxième industrie européenne, fondatrice du Traité de Rome), en appelant à  »une procédure de déficit excessif… pouvant aboutir à des sanctions financières ». Et le Dombrovskis de service d’ajouter, l’air sévère, que :  »dans une situation d’endettement très élevé, l’Italie prévoit essentiellement d’importants emprunts supplémentaires au lieu de la prudence budgétaire requise » et de craindre que  »que le pays s’enfonce aveuglément dans l’instabilité ».
Dans son rapport la Commission estime que le budget de Rome ne lui permettra pas de réduire l’énorme dette de 132 % du PIB. Le gouvernement italien prévoit un déficit public de 2,4 % du PIB en 2019, puis 2,1 % en 2020, prévisions jugées irréalistes par la Commission : pour elle, le déficit atteindra 2,9 % du PIB en 2019, puis 3,1 % en 2020.Sur le taux de croissance 2019, le gouvernement italien mise sur 1,5 %, l’Institut italien des statistiques sur 1,3 % et la Commission 1,2 %. Querelle d’experts ? Ou combat pour la survie des nations et des humains ?
Bruxelles souligne aussi que le gouvernement italien  »prévoit d’opérer une marche arrière importante sur les réformes structurelles propices à la croissance, en particulier les réformes mises en œuvre par le passé en matière de retraites ». Ainsi donc le scandaleux malheur des retraités est qualifié de  »réforme structurelle » par le monstre froid, aveugle et stupide.
La publication de ce rapport constitue la première étape du lancement d’une  »procédure de déficit excessif  », vers décembre ou janvier… à trois mois des élections européennes ! Alors des sanctions financières correspondant à 0,2 % du PIB italien (4 milliards d’euros) pourraient être prononcées. L’ Italie ne les paiera pas, non plus d’ailleurs que les intérêts de la dette, constituée essentiellement de non-monnaie : des écritures abstraites sans lien avec des réserves existantes d’argent vrai.
Dans la physique des matériaux on sait que tout solide possède son point de rupture : l’instant T où un solide se brise sous l’effet d’une force F trop grande. Il est difficile d’anticiper cet instant mais chacun sait que cela aura obligatoirement lieu si la force continue à augmenter. Dans la chimie politique on peut tenter, un temps, de remplacer les faits et la vérité scientifique par l’invective, la calomnie,le mensonge. Tout un vocabulaire a même été inventé pour masquer le vide intellectuel. Au lieu de tenter de défendre rationnellement le Système on s’en prend à ceux qui souffrent. Les spéculateurs, et leurs très dévoués castes, chambellans, scribes, gourous, chamanes, ou simples pions, ont des intérêts personnels à soutenir : le Système se défend par tous les moyens odieux. Il essaie de retarder l’échéance.
Désormais, avec cynisme, on a remplacé l’argument par le mensonge ou la menace. Et on promet des catastrophes comme si les humbles existences n’étaient pas déjà, bien souvent, catastrophiques.
Ce qui frappe, à présent, c’est un double clivage : entre ceux qui souffrent, de plus en plus, et ceux qui s’engraissent du Système ; et entre Pouvoir et Savoir. Car le Savoir est dans les Centres de recherches et les Université : pas à l’ENA ou dans les partis politiques qui ont d’autres objectifs que la vérité scientifique. Disons le : cette caste arrogante est incompétente et serait bien incapable d’effectuer une thèse de doctorat sensée et rigoureuse.
Les points de rupture sont clairement visibles partout dans le monde : Brexit, Europe centrale (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Autriche, Slovénie), Italie. Sans oublier les USA en train de détruire tout le système mondialiste, et donc multilatéraliste, qu’ils ont enfanté. Mais il y a aussi des points chauds futurs : le budget espagnol à venir (dont personne ne parle mais qui contient des mesures comparables à celles du budget italien), les Gilets Jaunes…
La logorrhée et les invectives remplacent la raison :  »populisme, nationalisme, extrémisme, chauvinisme, repli frileux sur soi, fermeture, identatitarisme, racisme, xénophobie, homophobie, égoïsme »…On y ajoute, pour faire bon poids, le  »risque de guerre » ; mais oui : ne sommes nous pas à nouveau en 1930 ?
On vénère des dogmes et on se prosterne devant des idoles, des Veaux d’or : l’euro, les 3 % de déficit budgétaire, la dette, la libre circulation sans limites, l’émission de fausse monnaie par les banques privées, la bourse, la compétitivité. Tout ceci relève d’une conception inepte et dangereuse de l’économie, et même simplement du libéralisme. Car on nous ment beaucoup sur les critères, les indicateurs, les chiffres, les urgences. Que reste-t-il de la croissance d’un PIB à 1 % si on lui applique l’inflation réelle, l’augmentation démographique et les spéculations des banques ? Qui s’enrichit et dans quelles pharamineuses proportions de la fausse monnaie en circulation ? Qui s’appauvrir constamment ? On se reportera à l’enquête INSEE de ce mois, ou au travaux du géographe Christophe Guilluy. Combien de fois plus que la retraite des vieux travailleurs Juppé touche-t-il ? Qu’il nous le dise au lieu nous infliger ses sketches d’hypocrisie méprisante? Seul signe positif : n’ayant rien à dire d’intelligent la caste et ses séides en viennent aux insultes. C’est le signe le plus évident qu’ils ont perdu la partie mais ils ne le veulent pas l’admettre et cela les enrage.
C’est tout cela que les Gilets Jaunes et le gouvernement italien sont en train de balayer. Rien ne pourra les en empêcher : parce que ceux qui souffrent de plus en plus sont de plus en plus nombreux et de plus en plus déterminés. Ce sera Valmy. Leur Système a échoué. Il ne pouvait qu’échouer car il était aberrant depuis le début. Les savants de la philosophie, de l’économie et du droit le disent en vain. Et qui les contredit ? Des Juppé, Barnier, Junker, Moscovici, Philippe, Macron. Quels sont leurs travaux scientifiques ? Doctorat de quoi ?
Comme l’observent Le Temps et Il Corriere della Sera le rejet du budget italien par Bruxelles rend service à la coalition italienne, suivie par 60 % du pays. Pourtant on nous avait juré qu’elle ne se créerait pas, puis qu’elle ne durerait pas. L’analyse était polluée par le choix partial des mots :  »alliance de l’extrême droite et du mouvement antisystème ». Rien compris. Si, à force, tout de même , on a compris que » la route choisie par la Ligue et les 5 étoiles, en plus de créer de graves risques économiques, en plus de suivre une tactique sur le court ou très court terme et empreinte de provincialisme, est rationnelle seulement si elle vise la rupture totale, la sortie de l’euro et de l’Europe». In cauda venenum : Le Corriere a bien vu que le Système s’agitait de ses derniers spasmes.
Pouvoir enfin rêver et construire l’Europe vraie… ?

 

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