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Gilets Jaunes, économie et démocratie

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Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple , universitaire, avocat, philosophe

 

La colère des Gilets jaunes ne baissera pas et s’exprimera dans la rue ou dans les urnes. Dans les deux cas elle sera irrésistible car elle est tout bonnement un cri de souffrance et d’angoisse; et de colère face à l’injustice. Et même de simple bon sens face à la duplicité d’un pouvoir qui met comme urgence le prétexte de la transition énergétique. Tout le monde a entendu son refus autistique de changer cette politique : la même pourtant qui échoue depuis 40 ans et que l’on a simplement décidé d’accélérer radicalement et brutalement !
Cette lame venue du plus profond de notre nation pose sur la place publique une question classique et, en définitive, assez simple en économie : d’abord comment produire le plus et le mieux de biens et services ; ensuite comment répartir et redistribuer cette richesse nationale.
Il est évident – sauf pour ce président – que si la production de richesses réelles (non-scripturales) est insuffisante, la répartition et la redistribution seront insuffisantes. C’est à dire que le reste à vivre des citoyens – même travaillant – passera peu à peu au dessous de seuils fatidiques de paupérisation. On entrera alors dans des spasmes révolutionnaires inarrêtables : car c’est la vie qui se défend contre qui veut la tuer. De la légitime défense.
Si, de surcroît, un gouvernement abstrait ou hors sol, dépourvu d’intelligence, pratique l’intégrisme budgétaire, il augmentera sans cesse les prélèvements obligatoires créant une spirale mortelle : car l’impôt tue l’impôt. La situation actuelle de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, de la France (et même de l’Allemagne pour peu qu’on regarde comment y vivent les classes moyennes inférieures et pas seulement le DAX), nous le rappellent. Si le problème français devient désormais si aigu c’est dû au fait que la France a commis plusieurs graves erreurs : elle a laissé délocaliser son industrie délocalisable et laissé détruire son industrie non délocalisable et son agriculture, confrontées à une concurrence étrangère déloyale. Sottement engluée dans des traités absurdes de Lisbonne et de Marrakech elle n’a pas su instaurer des règles protectionnistes pour suturer l’hémorragie, fut-ce la TVA sociale ou le refus des travailleurs détachés. Elle a laissé s’installer le désordre fiscal amoral : tant l’évasion légale que la fraude massive. Elle a gobé l’idée grotesque et anti-scientifique de l’euro, présenté comme une panacée pour compenser l’abandon de la préférence communautaire. Pour mieux se lier les mains elle a accepté – au nom d’une conception fédéraliste de l’Europe – des règles délirantes et liberticides qui privent le peuple français de son droit de l’homme de choisir lui même son avenir. Et elle fermé les yeux sur l’émission de fausse monnaie par les banques, ce qui aboutit à constituer d’énormes de bulles de  »non-monnaie », dont le destin est inévitablement d’éclater avec les dégâts que l’on a pu constater en 2008.
Cela les Gilets jaunes l’ont compris sans savoir bien l’exprimer. Ils ont compris que les gens utiles, et les retraités qui l’ont été, ne peuvent plus vivre dignement, alors que les plus inutiles ou les nocifs font des fortunes. Une inversion des valeurs. C’est cela que 80 % des Français, qui sont d’accord avec les Gilets jaunes, veulent changer. Et que le pouvoir compromis refuse de remettre en cause.
Or D.Trump bouleverse la donne mondiale de l’OMC avec des résultats positifs spectaculaires. Et l’Italie s’apprête à faire de même pour l’UE et l’euro. L’un décide de restaurer sa production industrielle et l’emploi par un fort protectionnisme et des relocalisations. L’autre décide de s’affranchir des tabous budgétaires et de commencer par s’occuper du pouvoir d’achat des plus faibles. Quitte à ce que l’euro explose. L’Italie est-elle tenue par sa dette ? Quelle dette, quel créancier va lui faire la guerre ? Tenue par l’augmentation des intérêts du fait de mauvaises notations par des  »agences » ? Elle ne les paiera pas car ces sommes n’existent pas : ce sont des jeux d’écritures effectués par des organismes qui n’avaient pas ces fonds…!
Les désastreux choix économiques, sociaux, monétaires, commerciaux et financiers qui on été faits depuis 40 ans ont conduit la France là où elle est : une veille de révolution. Il faudra alors tout reconstruire de la France et de l’Europe, mais pas avec les mêmes maçons. Car contrairement aux mensonges ressassés, il y a bien une alternative. Des centaines d’intellectuels, philosophes, économistes, juristes – dont c’est le métier – y ont réfléchi et sont largement d’accord sur ce qu’il faudra faire. Que les Gilets jaunes s’organisent et les sollicitent. Et que ces intellectuels s’organisent aussi et soient enfin admis à présenter leurs analyses et propositions.
Vous êtes chez vous.

 

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