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LETTRE OUVERTE A MANU MACRON

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La dernière de Rol

 

Article du Réveil Français , écrit par : Christian Rol (écrivain)

 

Monsieur le Président, Grand Mamamouchi, votre Altesse, Manu,
J’espère que tu as passé de bonnes vacances à Saint-Tropez et que Brigitte va bien.
Ma compagne et moi sommes restés à la maison pour un réveillon assez frugal. Il faut dire qu’après 30 ans de bons et loyaux et service dans le monde du travail, elle ne gagne que 2 000 par mois, dont la moitié part en impôts, taxes d’habitation, taxes foncières et Crédit à la Consommation (un puits sans fond).
Quant à moi, après une multitude de tentatives dans l’édition où nombre de tes amis occupent les places stratégiques de censeurs, j’ai changé mon fusil d’épaule et je m’essaye à la création d’entreprise dans le domaine du tourisme. Je ne te parle pas du parcours du combattant, des bâtons dans les roues de l’administration kafkaïenne, des URSAAF, du pognon à verser à tel ou tel organisme avant même d’avoir commencé l’activité.
Bon, on n’est pas les plus à plaindre mais, si je pouvais, je partirais bien volontiers sous des cieux plus cléments.
Ces dernières semaines j’ai passé beaucoup de temps dans la rue avec les Gilets Jaunes. D’ailleurs, je tenais à te remercier d’avoir provoqué ce climat insurrectionnel que j’aime tant et qui me m’a redonné une seconde jeunesse quand, las de la France plan-plan, je partais aux confins de l’Europe centrale pour des guerres civiles et des révolutions afin de frôler le doux parfum du danger.
Lors de ces rassemblement qui m’ont retenu à Paris j’ai pu toucher du doigt la réalité du Système que tu incarnes aux yeux de beaucoup ; alors même que tu n’es qu’une victime consentante de ce Système. De manière très anecdotique mais symptomatique, j’ai pu observer la manière dont tes flics ont laissé aux casseurs une totale liberté afin de mieux salir l’image de la grande majorité des manifestants pacifiques. Pour avoir une certaine expérience de ces mouvements de foule et de la communication politique, j’ai trouvé la ficelle un peu grosse. Mais c’est la règle du jeu.
Au début, je n’ai pas tellement pris au sérieux tout ce barnum. Les flics pour lesquels j’avais une forme de pitié obéissaient à la doctrine française qui dicte de ne pas aller au contact – zéro blessé, zéro mort – et doivent subir les assauts et projectiles des manifestants. Et puis, très vite, le climat a basculé quand les voyous de la BAC ont commencé à tirer au Flash Ball de manière inconsidérée et, surtout, à hauteur d’homme au tir tendu. J’ai moi-même été touché par un de ces projectiles, mais sans gravité. En revanche, combien d’autres, au cours des semaines écoulées, ont perdu un œil ou subi de graves traumatismes. J’en suis le témoin direct pour avoir vu un homme à mes côtés se prendre en pleine tête un ces projectiles.
C’est à ce moment là que j’ai pris très au sérieux la détermination et le cynisme de tes maîtres ; et que j’ai touché du doigt la fragilité de cette fameuse « démocratie » dont me rebat les oreilles depuis ma naissance.
Moi, je n’avais pas la moindre illusion puisque je n’ai jamais voté ; mais combien, parmi la foule, croyaient encore à ces mots creux (République, égalité, etc.) auxquels ils ont été biberonnés.
Je ne t‘en veux pas personnellement, d’autant qu’une amie commune me confiait hier que tu es au bord du burn out. J’en veux à tes maîtres qui, depuis la Commission européenne, la Trilatérale ou je ne sais quelles banques, veulent nous réduire en esclaves de la Mondialisation, de la consommation, bref, du matérialisme.
Tu vois Manu, je ne sais pas très bien où tout cela va nous mener. Mais j’ai un point d’avance sur toi et tes complices. Moi, je connais les Français. Je ne les aime pas tous mais je les connais. Leur connerie ne me déçoit jamais mais leur intelligence me surprend toujours. J’ai roulé ma bosse, contrairement à toi. J’ai évolué dans plein de milieux a priori antagonistes. Qu’ils soient prolos, bourgeois, paysans, chaudronniers, avocats ou chauffeurs routiers, les Français – même s’ils font une faute à chaque mot (merci l’Éducation Nationale des 40 dernière années !) ne sont pas tous des beaufs abrutis, des « illettrés », des pions statistiques. Il y a dans notre vieux peuple une détermination, un sens critique, une faculté d’analyse qu’aucun autre peuple, ne peut revendiquer à ce point. Cela, je l’ai compris dès mon Service Militaire lorsque, brassé au milieu de toutes les catégories sociales, j’ai touché du doigt l’âme française. Et, permets-moi te dire que celle-ci ne s’exprime pas à travers les folles africaines que tu invites à se trémousser à l’Élysée pour le 14 juillet…
Bon, je suis en train de devenir grandiloquent. Je te laisse bien volontiers ce registre. Un conseil : laisse tomber les rapports de Bercy et plonges toi dans des livres d’Histoire.
Je vous prie, Monsieur le Président, Grand Mamamouchi, Votre Altesse, cher Manu, de croire en mes sentiments les plus distingués

 

 

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