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Lettre de fraternité à Alain Finkielkraut

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Retour sur les insultes d’un pseudo gilet jaune…

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple , universitaire, avocat, philosophe

 

L’insulteur et l’insulté, le menaçant et le menacé sont tous deux issus de l’immigration plus ou moins lointaine. Comme le sont d’ailleurs plusieurs membres de ma famille. Mais je suis ce que l’on appelle désormais, avec beaucoup de haine, un  »souchien », un mâle blanc chrétien, mangeur de cochon et  »danseur de bourrée » (ce qui fait tant horreur à BHL)…Mon tort – ma faute, semble-t-il – serait que mes arbres généalogiques, tant paternels que maternels, plongent leurs racines depuis des siècles, voire des millénaires, dans les terroirs des peuples de France. Ces peuples, ont d’ailleurs des traditions très différentes : germaniques ou nordiques (Alsace, Flandres, Normandie), basques mystérieux, celtes (gallo et bretonnants), ultramarins créolophones ou canakophones, latines (catalans,corses,occitans). Certains ont été rattachés tardivement (Nice, Corse, Savoie, Comtat), ou parfois brisés après des guerres très dures (Bretagne, Corse, Franche-Comté), voire génocidaires (Cathares, Huguenots, Vendéens). Ou au contraire accueillis par la famille républicaine : abolition de l’esclavage, apatrides, Justes, Harkis. Certes la FRATERNITÉ de nos frontispices n’a pas toujours été sans reproches. Mais, des chrétiens d’Orient aux Boat people, des Grecs d’Asie ou des îles aux Arméniens, génocidés, des Russes blancs aux Espagnols de la Retirada, la France a le plus souvent ouvert ses bras aux persécutés et aux réfugiés. Certes encore ces Français  »non-souchiens  » conservent et entretiennent de leur hybridation culturelle ou religieuse des nostalgies, des cultures et des solidarités. Comment ne pas le comprendre puisque la majorité des  »souchiens » ont eux mêmes des racines ethno-provinciales qu’ils aiment et font vivre : quoi de commun entre un marin bretonnant catholique de Brest et un berger protestant patoisant des Cévennes, si ce n’est les monuments aux morts ?
Lors de sa réception à l’Académie française Alain Finkielkraut, dont personne ne peut mettre en cause la sincérité, fut-elle impulsive et torturée, découvrait alors, étonné et ému, tout le travail qui s’était fait, inconsciemment, en son for intérieur, le Juif polonais était devenu un Français juif. Le jeu des majuscules traduisait le lent et imperceptible changement d’essence.
Il serait certes bien commode, mais mensonger, manipulateur ou couard, de vouloir absolument imputer aux Gilets jaunes (qui sont une révolte, pas un parti) ou à l’extrême droite anti immigrationniste, l’ignoble incident d’hier au cours duquel un homme jeune a hurlé des menaces de mort à un calme septuagénaire académicien. Les vociférations hystériques telles :  »sioniste de merde…sale juif…la France elle est à nous (agitation du keffieh à l’appui)… tu vas mourir…Dieu te reconnaîtra…tu iras en enfer…Palestine…nique ta mère », ne viennent pas des Gilets jaunes mais d’extrémistes infiltrés ayant revêtu un nylon fluo à 3€60 et utilisant le langage d’islamo-gauchistes.
Vu son parcours familial et personnel je peux comprendre l’inquiétude et le pessimisme de Finkielkraut lorsqu’il déclarait au Figaro que :  »le mot ‘vivre-ensemble’ aurait été inventé pour masquer la disparition de la chose », ou, déjà en avril 2015 (L’Express, hors-série, Juifs de France) :  »Il n’y a pas de vivre-ensemble en France. (…) J’aimerais y croire, mais le métissage est un mensonge. La réalité est celle de la séparation ».
Une correction : le mot vivre ensemble n’est pas une invention – et encore moins récente – par des politiciens en campagne. On le trouve déjà chez Aristote (Politique) et bien sûr chez Renan et, sous d’autres formes, chez Mill, Durkheim, Mauss, Benda, Mounier…Toujours associé à la nation, cette autre entité naturelle avec la famille, la ville ou la région.Toutefois il est vrai que, désormais, le vivre ensemble est devenu moins un constat factuel qu’un commandement, voire une objurgation. Et c’est sur ce terrain que se situent maintenant les prémices du possible drame français qui peut survenir et que chacun redoute. Car il n’est plus possible de ne pas faire un lien entre cette haine paroxystique et le danger islamiste qui a déjà tant assassiné dans presque tous les pays d’Europe. Une démarche victimaire est hypocritement adoptée par ces extrémistes, parfois  »rebaptisés » : Parti des Indigènes de la République, Collectif contre l’islamophobie en France, Marche des femmes pour la dignité, Marches de la dignité, Camp décolonial, Conseil représentatif des associations noires, Conseil représentatif des Français d’outre-mer, Brigade antinégrophobie, Décoloniser les arts, Les Indivisibles (Rokhaya Diallo), Front de mères, collectif MWASI, collectif Non MiXte.s racisé.e.s, Boycott désinvestissement sanctions, Coordination contre le racisme et l’islamophobie, Mamans toutes égales, Cercle des enseignant.e.s laïques, Les Irrécupérables, Réseau classe/genre/race. Ces mouvements sont mondiaux (qui les finance ?) : aux USA Nation of islam. Ces groupes agressifs, subversifs, ont droit de cité (à la Maison des sciences de l’homme début octobre 2018 avec des trouvailles bizarres, substituts d’une immense misère intellectuelle : ‘colonialité du genre’, ‘féminisme blanc’, ‘racisation’, ‘ pouvoir racial genré’ ;comprendre : le pouvoir exercé par les ‘Blancs’, de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu’ils appellent ‘racisés’ ). Les délires de Rokhaya Diallo ( »il n’y a pas de racisme anti blanc ») sont accueillis sur toutes les chaînes de télé en continu. Par qui, pourquoi ? En septembre 2018, un rapp de Nick Conrad (Pendez les Blancs, clip en ligne) n’attire de SOS racisme qu’un commentaire complice : »ne pas porter plainte pour ne pas faire de la publicité à des inconnus ». En 2005, Libération avait réagi à l’appel de Marianne contre les violences anti-blancs (après des violences raciales durant des manifs et en banlieue) en publiant le collectif CLARIS :  »la notion de racisme anti-blanc [est] symptomatique d’une lepénisation des esprits ». Difficile de faire plus indigent et dangereux dans la réflexion sur ces problèmes sociaux traités par le déni et l’amalgame.
Oui, désormais, l’indignation ne suffit plus. Car les juifs ne sont pas les seules victimes programmées : les chrétiens aussi. Et leurs lieux de culte ou de sépultures. Et les Blancs parce que blancs, les Français parce que Français.
Non, il ne faut pas imputer à la profonde et juste demande émanant des Gilets jaunes (Liberté, Égalité, démocratie, dignité, justice) les pollutions perverses que l’on tente d’infiltrer dans leurs rangs. Le phénomène Gilet jaune permet simplement de révéler au scanner les cancers multiples de la société française. Pour éviter la métastase il faut que le  »vivre ensemble », à défaut de ne plus être désormais un constat, redevienne d’urgence une boussole vitale, une quête impérieuse absolue. Il faudra inventer le  »principe sociologique de précaution ». Cela signifie qu’il faut stopper le flux immigratoire de masse, incontrôlé. Qu’il faut très sévèrement punir ceux qui menacent la paix civile par paroles et par actions. Et ceux qui les financent. Et prendre à bras le corps les carences et les névroses, les confrontations, que le choc des cultures fait apparaître sur notre sol, afin d’assurer, au besoin d’imposer, l’intégration.
Les mots d’un héros français, Marc Bloch, doivent redevenir une ambition collective et individuelle :  »j’ai vécu simplement en bon Français ». Nous le peuple autochtone, pionnier et relais de histoire de France, en faisons l’offre fraternelle à tous ceux qui nous ont rejoints depuis. La France n’appartient à personne ; ce n’est pas une prise de guerre mais un destin commun : l’antique peuple ou le nouveau devront  »défendre ensemble » sa civilisation.

 

 

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